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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 13:26

 

 

L'heure du crime - Giuseppe Capotondi

 

 

 

MOIJE ne suis pas comme Eeguab : je n'ai jamais envie d'aller voir les films italiens qui sortent. Je ne sais pas apprécier les sonorités de la langue - on s'en fout, mais je n'y peux rien, ou je le crois encore. Je maintiens toujours mon droit de veto sur ce pays voisin quand se pose la question d'aller en voyage quelque part, même si je plains hautement ceux qui ne votent pas Berlusconi (oui, l'hôpital, la charité, tout ça) et ne sont pas des catholiques fervents - pas nécessairement malin non plus, mais ça me ferait trop mal de lâcher mes quelques euros arrachés au quotidien sur ces terres encore plus racistes que les nôtres. Un film comme Le Premier qui l'a dit me fait frissonner d'horreur quant aux précautions insensées qu'il prend pour raconter son histoire pourtant terriblement conventionnelle et rance. On n'aurait pas fait pire il y a un demi-siècle. Sauf qu'on est en 2010 : effectivement pas 2000 comme dit assez pertinemment dans ce film d'ailleurs, mais quand même… Bon, d'accord, Eeguab, ce n'est pas ce cinéma italien-là qu'il défend :-)

Quoiqu'il en soit, je suis allé voir L'Heure du crime, tellement je ne trouve presque rien à aller voir dans les sorties cet été. Passons sur la fine utilisation du son, dans la bande-son comme dans le propos : tout ça me semble davantage relever d'une version sophistiquée et européenne de MTV, qui trouverait trop classe de faire quelque chose un tantinet réflexif et "post-moderne" (d'il y a  pour le coup quarante ans, on progresse)...

Mais : je trouve pas mal la constance des personnages dans une histoire qui ne l'est nécessairement pas (rebondissements à gogo(s) oblige). Ils permettent un enchâssement des réalités qui inviterait davantage à vivre un film d'amour cauchemardé qu'un thriller s'armant d'une histoire d'amour, ce qui pourrait être intéressant, et peut aller jusqu'à donner l'envie de prendre l'instant qui vient, avant le retournement suivant, dans sa plénitude : j'aurais ainsi été très intrigué que le film cesse tôt de twister et creuse à partir de son premier déhanchement, libérant alors totalement "le réel" de l'intrigue policière.

Bref, le tout manque à mes yeux de discernement, de ligne(s) de force, et l'on peut donc bien projeter ce que l'on veut, mais trop : une invitation n'est pas une auberge espagnole, même italienne ! Resteraient un certain sens de la mélancolie et de jolies variations sur la culpabilité, via le fait aussi qu'il est plutôt bienvenu de suivre d'assez près le personnage "coupable"  que l'on verrait d'ordinaire encore le plus souvent de loin, d'en face, etc...

Et comme il n'est pas toujours désagréable d'aimer un film pour ses possibles, même ceux qu'ils piétine ou tout au mieux ignore, soyons magnanime : il survivrait tout de même deux forces motrices lancinantes. Elle (inextinguible et fragile) et lui (massif et fantomatique : l'inversion n'est d'ailleurs pas inintéressante non plus ; le mec est littéralement le "fantasme" ici, quand la femme reprendrait davantage, en négatif et à l'envers etc., la figure très concrète du détective), déjà magnifique dans Vincere. Tous deux troublants, ils procurent au film un charme  envoûtant que la mise en scène n'atteint jamais par ses propres moyens. Ils me donneraient presque l'envie d'aimer l'italien !



PS : là où je suis comme Eeguab, c'est que je n'ai pas le goût des billets qui prennent le ton employé ici. Mais il faut bien, parfois, que le côté obscur de la faiblesse exulte aussi !


Billet rétro-publié le 15 octobre 2010

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Published by D&D - dans Brèves
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commentaires

ept 28/10/2010 23:34



le ton vous va bien aussi :)



D&D 29/10/2010 14:23



Alors ! ...



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