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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 00:55

Ce billet est un sequel de Scream : joyeux anniversaire…

 

 


John Carpenter

 

 

 

Pourquoi cette idée de peur générationnelle a surgi en voulant souhaiter un bon anniversaire à Scream ?… La remarque de Fredogino m'a aidé à y voir plus clair. Je ne crois pas m'accrocher à tout prix, alors je me lance…


Je trouve que : Psychose, vraiment, ça m'a fait très très très très peur à la télé quand j'étais môme. Les Dents de la mer, aussi, sans doute. Les Oiseaux, sûrement, j'ai vu plus tard. Et en même temps...

 

Je vais faire un petit détour qui devrait m'aider : Les Frères Karamazov est un de mes livres préférés (de ceux qui feront le voyage sur l'île déserte). Lu deux fois à ce jour. Je vénère Dostoïevski. Pas tout lu, pas encore, loin de là, mais bon…. J'ai lu, par exemple, Crime et Châtiment et L'Idiot, et jusqu'ici tout va bien. J'admire Crime et châtiment *, je craque totalement pour L'Idiot. Bon. Les Possédés attendent chez moi, depuis quelques années déjà, je les lirai un jour : je vais certainement vénérer, j'ai l'amour inconditionnel. Je tiens à l'amour inconditionnel. Pas fanatique. Pas fan. Inconditionnel. J'y reviendrai peut-être. Bon. Quelques années que le livre poiraute. Quand le nouveau Bret Easton Ellis va sortir, autre exemple, je vais le lire aussi vite que possible : certitude. Dans mon panthéon personnel, Bret Easton Ellis n'est pourtant pas supérieur, même si je ne suis pas du genre à éviter toute hiérarchie : Tarkovski et Verhoeven, exemples toujours, je n'ai pas de scrupule à ne pas mettre au même niveau. Je suis un inconditionnel de Tarkovski et j'aime Verhoeven, mais bref… Peut-être que je trouve Dosto plus grand qu'Ellis, je ne sais pas, le contraire, non, j'en suis sûr, alors la raison du décalage précité serait quelque chose comme : le bonheur de la contemporanéïté.

 


Cillian Murphy - 28 Days Later

 

Le "petit" raccourci, qui m'a fait sauter de "redoutablement intime" à "générationnel" dans le précédent article, pourrait se situer par là… Hors toute appréciation strictement critique, il y a… une forme de préférence, un amour particulier, une injustice donc en faveur du contemporain. En tout cas pour moi. Je ne dis pas tout le monde.
 
Mais je trouve que : ce n'est pas seulement réducteur. Je ne vois pas de contradictions, ou alors fructueuses, avec le fait de reconnaître une forme d'intemporalité et d'universalité dans les œuvres (cf scotch perso Dosto). Mais, pour faire très court, quand on vit un quotidien dont le squelette a intégré l'informatique, la vidéo, la surmédiatisation, internet ou encore la démocratisation / vulgarisation de la psychanalyse (qu'on y adhère ou non), exemples toujours, on n'est pas seulement dans l'anecdotique. Quand une œuvre comprend ça, elle a un impact particulier pour celui qui lui fait face. Tout cela interagit aussi avec notre intimité et la question peut devenir jusqu'à quel point, jusqu'à quel point ça génère du possible (et la forte reconnaissance d'une œuvre contemporaine) ou de la perte (et la forte reconnaissance d'une œuvre non strictement contemporaine). 

Il n'est donc pas question de poser que Le Silence des Agneaux est un meilleur film que Shining ou Psychose. Mais le Silence des agneaux étaient méchamment synchrone avec moi alors ça m'a double méchamment scotché au fauteuil !

  


Anthony Hopkins & Jodie Foster - The Silence of the Lambs

 

Mais… (non : j'ai pas fini, mais merci à ceux qui tiennent)… Là vient ma réflexion, encore bien courte, sur l'adolescence et la "maturité" de spectateur. Qu'est-ce qui peut faire que la terreur infligée par Psychose à ma cervelle de mioche retient finalement moins mon attention que Le Silence des agneaux ou Scream, au niveau de la peur ? En plus de la contemporanéïté…

 

A chacun son chemin : par exemple, moi, je viens d'assez loin… Dès ma première séance de cinéma, j'étais devenu accro. J'avais trois ans. Et pendant longtemps ce sont mes parents qui m'ont emmené au cinéma. Et pour eux, la salle de cinéma est avant tout un lieu de divertissement. On commence par là. Je ne dis pas tout le monde. Bref. Ici, c'est une question de temps et de naissance de l'amour. Parce qu'au départ, non : on ne peut pas dire amour. On peut dire accro, ou passion, ou ce que tu veux, mais pas amour. Je trouve que : aimer, c'est comprendre. Pas intellectuellement. Et paradoxalement ce n'est plus seulement projeter donc, mais voir : ce qui est projeté. Evidemment on projette toujours un peu, rien n'est pur, je passe. Quand on fait un chemin comme ça, vers un art, depuis l'ignorance la plus totale jusqu'à ce que l'on sent être de l'amour, et qu'on le fait assez seul, avec du temps, en voyant des films, en lisant des articles (de l'exposition des goûts et des couleurs jusqu'aux tentatives réellement critiques), et surtout, évidemment, en vivant, il y a donc quelque chose qui ressemble à : 

    -  l'enfance : j'absorbe. Tout dans la tronche. C'est bien, sûrement ouvert, mais la conscience du cinéma en tant que tel n'existe pour ainsi dire pas : je veux dire que la peur inspiré par Psychose quand on est enfant n'est presque pas liée à sa nature d'œuvre cinématograhique, au plus près il y a le rapport à des images et une histoire, mais comme dans les contes, ou la télé en général, ou une photo, une BD. 

 


Bryce Dallas Howard - The Village
   
 

      -  l'adolescence : prise de conscience du cinéma en tant que tel et là se dessine ce que j'appellerai mon système d'intolérance (va bien avec l'idée de ne pas tout foutre au même niveau). Tout art se découvre, et ça n'en finit pas. Je ne sais pas où j'en suis. Mais je sais où je n'en suis plus. Il y a les grands, il y a les lapins facétieux, qui peuvent très vite nous perdre. Tout le monde n'arrive pas par les mêmes chemins. Les lapins sont précieux même si pas forcément brillants. Parfois indispensables. Souvent, quand on vient de loin, la première approche du cinéma passe par une découverte formelle, je crois. Par exemple, moi, je pense que Greenaway à un moment, ça m'a fait prendre conscience d'un certain nombre de choses. Evidemment, on peut mourir là. Ou y agoniser. Mais si on ne fait que passer, ça peut-être précieux. 

     - la vie : oui, plutôt que la maturité, parce que ça vit, quoi, c'est pas figé. Enfin on espère. Autrement dit, soit je suis devenu un vieux con, soit il y a une dizaine d'années maintenant j'ai passé un cap. Voilà, perso, vers les 25 ans, je crois que je suis entré "dans la vie", en cinéma, même si ce n'était que le début, mais : les déplacements de réception d'une même œuvre depuis lors sont moins "radicaux" (ce serait à préciser, car ça n'est donc pas non plus statique). 

Tout ça pour dire que : si peur générationnelle il y a, si point d'entrée il y a, il serait au plus tôt à l'adolescence (cinématographique donc). Le Silence des agneaux, moi, c'était pile dedans.
 




Paul W.S. Anderson


Et pour enfin finir !… Pourquoi donc un point de sortie ? Franchement, je ne suis pas sûr. Ce n'est qu'une hypothèse (le reste aussi, mais là c'est pire….). Peut-être que je vais avoir de monstrueuses chocottes un jour d'une manière totalement inédite. Pourquoi Scream reste, une impression particulière pour moi ?... 

Quelques sentiments pas forcément contradictoires. C'est à cette période que j'ai quitté mon adolescence cinématographique. Evidemment, je ne l'ai su que rétrospectivement. Du coup, ça peut relever de quelque chose comme la perte d'une virginité. Le Silence des agneaux, c'était vraiment le cœur de l'adolescence cinématographique (ce qui ne veut rien dire en l'occurrence sur le film lui-même mais bien sur mon histoire). 

Et puis, moins drôle, mais… c'est peut-être quand on entre dans la vie (parce qu'évidemment, dans mon cas, l'entrée dans la vie, et l'entrée dans la vie cinématographique sont parfaitement synchrones, tandis que je me sens très adolescent en arts plastiques, par exemple), allez disons le mot, la vie d'adulte, c'est peut-être précisément là que l'on commence à décrocher, que l'on commence à ne plus être soi-même… totalement contemporain. Je ne sais pas si ce que je dis est très con ou trop évident mais… Sans avoir du tout l'impression d'être à la masse et total largué, il ne me semblerait pas aberrant, même à pas encore trente-cinq ans, que l'extrême contemporanéïté du monde (qu'est-ce que je raconte ?) ne relève plus de ma génération, pas essentiellement, pas intimement… Il y aurait alors un point de sortie. Il y a des choses sur lesquels de plus jeunes gens flippent à mort aujourd'hui parce que ça dit des choses propres à leur quotidien que je ne soupçonne pas de l'intérieur. Même si je peux le lire ou réfléchir dessus, savoir que ça existe, c'est autre chose.
   

 



Jeepers Creepers


Bon. C'était quand même bien d'avoir été contemporain quelques jours. Le silence des Agneaux et Scream, ça me va. Ce n'est pas Psychose ou Shining, je sais bien. Mais quand même, oui, c'était bien. Non : c'est bien. Et j'ai encore peur. Alors, ça va.







* Ça n'a rien à voir, mais j'adore Babar, parenthèse donc : ce que j'adore notamment avec Crime et châtiment, c'est ce qu'en a dit Nathalie Sarraute. En résumé, après avoir écrit ça, Dostoïevski aurait pu, presque légitimement, se dire : "a y est ! j'ai fait mon chef d'œuvre, regardez comme il est beau, toute une vie pour arriver à ça, je ne pourrais pas aller plus loin". Sauf que non, il continue à vivre, il ne raccroche pas (et Manoel de Oliveira) et il fait Les Frères Karamazov. La fête, quoi. La vie en plein. On ne meurt qu'une fois, c'est entendu, mais pas avant, manifestement : c'est déjà pas si mal. Je retiens ça.



Milla Jovovich - Resident Evil

 

 

 

(Billet remis "au propre" le 23 février 2012)

 


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comprendre 24/04/2011 13:56



13 juillet 2008, tu vois, c'est ce jour là que j'avais évoqué Araki sur TONBLOG. Mais ce n'est pas l'objet de ma venue. Je viens évoquer avec toi une expérience 2011 tout en nous référant à 1997,
le tout en écoutant de la musique des années 60 (oui, la maison "comprendre" ne recule devant rien,
y compris devant les omelettes culturelles). Then... contexte : sortie du boulot, costume, direction le complexe cinéma pour voir, un mercredi après-midi pendant les vacances scolaires, scream 4
en version française. Évidemment, choc générationnel : je me démarque avec ma cravate autour du cou (et mes 15 années de trop qui me renvoient au rang de croulant, voire de pervers) parmi cette
myriade de jeunes gens qui fleurent l'enfance (si si, les enfants ont une odeur d'enfant, parole de psychopathe !). So, on recadre donc (plan large) : une salle pleine de gamins, pop corn,
hurlements, chamailleries, testostérone dans l'air. Tu aimes l'obscurité ? C'est fini avec nos jeunes d'aujourd'hui, eux ils aiment regarder avec le portable en main, s'envoyer des SMS pendant le
film. En fait, j'ai vu de mes yeux l'effet "zapping" dont parlent les gens qui travaillent avec les jeunes, ils ont un mal fou à se concentrer. Donc scream 4 a été un grand moment de "voie
lactée" dans la salle, de bavarderies-gazouillis, de blagues potaches, toussa. Et qu'est-ce qu'on voyait à l'écran ? Des jeunes génération 2.0 qui vivent portable à la main. Curieux, mais j'ai
senti un choc générationnel, celui de l'espace qui sépare scream et scream 4. Celui qui sépare MOIJE époque scream de EUXILS époque scream 4. Qui fut aussi un peu celui de MOIJE époque scream par
rapport à MOIJE époque toxic avenger. Et cela confirme ce que je t'écrivais déjà il y a quelques années sur l'appellation "horreur" et son évolution. Là où scream 4 doit nous servir 10 meurtres à
intervalles calibrés (pour la concentration), d'autres films nous en servaient 3 mais avec des pointes émotionnelles fortes, un esthétisme soigné, voire un sadisme à faire durer la confrontation
brute. J'illustre avec quelques minutes (assez soft) de
Nekromantik (film culte pour une scène de nécrophilie tout à fait ignoble -> j'évite de
donner un lien, cela mettrait à mal certaines conventions sociales). Reprenons. Scream 4 et son public peu attentif. Autre point, le fait que ce jeune public ait été totalement blasé face aux
scènes de meurtres : banalisé ? En tout cas s'il aime "se faire peur", il n'en affiche aucun signe, de peur. Et alors, TOITU il a eu peur lui ? Pour ma part, j'ai ri cinq minutes d'affilés au
tout début du film, c'était très agréable cette petite auto-parodie. Et puis après... Je crois avoir compris ce que faisait Craven, mais ne pas avoir eu envie de l'accompagner. Le 3 m'avait fait
cette même impression, celle d'un film fast food. Pas dégueulasse, mais peu intéressant, bancal dans sa raison d'être. Ou alors c'est peut être le genre "slasher" auquel je n'adhère plus du tout.
En tout pas dans cette forme (scénario à tiroirs, personnages principaux pénibles et intouchables...). Bref, c'était mon expérience scream 4. Peut-être la preuve que ta théorie de peur
générationnelle est fondée.



D&D 27/04/2011 01:01



Hey ;-)


13 juillet 2008, merci, je viens de voir ça, et encore une de mes promesses en carafe par la même occasion... Cela dit, je commence, très très doucement, à relire le début de mon blog, et les
commentaires bien sûr, ça donnera peut-être quelque chose !


(Et Tommy... toujours pas vu, ni entendu vraiment.)


En tout cas, tu as bien du mérite pour Scream 4, je ne peux vraiment pas regarder un film dans ce genre d'ambiance. Je ne vais plus au cinéma qu'aux séances de 22h00 (sauf le vendredi et
le samedi) ou de 10h00 (pour des films susceptibles de rameuter du monde, surtout du jeune monde). C'est un truc qui me rend assez triste d'ailleurs, car ça faisait partie du truc pour MOIJE
aussi : aller dans des salles avec du monde... Ma dernière exception en date a dû être ma seconde séance de Kaboom et je m'en suis mordu les doigts (même si c'était plutôt
16-20, la tranche d'âge).


Bref, je ressens un gros-gros écart, comme tu le soulignes, et il semble bien que très majoritairement, le rapport des ados au cinéma en salle n'ait plus rien à voir avec le nôtre. Les films sont
d'ailleurs consommés très vite sur tous types de support (et d'ailleurs ne les vend-on pas maintenant pour quelques euros, à même le sol, par gondoles et par vracs, dans les supermarché de la
culture), la salle ne représente plus grand chose, les autres dans la salle encore moins (c'est une extension du salon : vivement les frigos-casiers pour varier les plaisirs du grignotage
:-) ) ; le tout saupoudré d'une préoccupante incapacité de concentration (que je développe d'ailleurs depuis que je passe du temps
sur internet, - pour ça que je réduis aussi -, mais je ne sais pas si c'est la même chose pour EUXILS) : c'est pas très réjouissant. Et évidemment pas pour le cinéma en salle, qui va peut-être
devenir comme le théâtre (hors le champ du divertissement, 3D ou assimilé en tête), quelque chose de très cloisonné.


J'ai regardé une minute de Nekromantik, je suis pas sûr de pouvoir faire plus pour l'instant :-) Je crains beaucoup ce
genre d'histoire (sans douter que puissent y naître de très bons films).


Sinon, je ne me suis pas résolu à aller voir Scream 4. Je ne l'exclus pas si je croise des avis stimulants, mais le 3 m'avait bien découragé (je ne me souviens d'ailleurs de rien). Ou
faudrait prendre ça comme une série télé, peut-être, et être content de retrouver certains personnages (j'aime bien Courtney Cox), mais je suis déjà mauvais client des séries télé, alors...


Pour ce qui est des "slasher", je crois que je peux en aimer certains, mais ce que Scream avait pu apporter (la dérision, le jeu avec les codes), il faut vraiment en sortir, ou bosser
beaucoup plus. Globalement, quand je vois des trucs, c'est ni drôle ni flippant, en promettant souvent les deux. Qu'on ait au moins peur ! Ne serait-ce qu'un peu :-)))


Pourtant, je suis bon client, je crois : toujours prêt à bondir ! (Qu'est-ce qu'on nous propose d'ailleurs, à part les "effets de surprise", en général ?)...


Mais les grandes peurs sont peut-être donc derrière ;-) Ou faudrait rêver quelque chose d'un peu nouveau (comme la promesse trop
superficiellement tenue des films à la première personne du camescope).



comprendre 25/07/2008 08:11

C'est une comédie familiale du début des années 80, une "référence" dans la culture américaine (Dans certains films US, j'ai déjà entendu parler de Cinoque). Le principe c'est un groupe de gamins très année 80 (badges, balladeur cassette, cheveux mi-longs) qui part à la recherche d'un trésor mentionné sur une carte de pirate... C'est gentil, c'est mignon, il y a des passages drôles. Mais voilà, c'est pas non plus un grand film. Je pense qu'il faut l'avoir vu pour sa culture ciné. De là à te le conseiller... Du coup je suis obligé de t'expliquer Cinoque : il est moche mais il est gentil. Bon week-end à toi également, j'ai quelques jours de plus. comprendre

D&D 26/07/2008 23:26


Bonsoir Comprendre : merci pour toutes ces précisions.

Je te tiendrai au courant si mon chemin croise celui des Goonies ;-)


comprendre 24/07/2008 13:03

Tu dis ça parce que tu n'aimes pas Cinoque...
"Moi jouer dans film horreur !"(Cinoque, de "Les Goonies")
A te lire, donc.comprendre

D&D 25/07/2008 03:17


lol

Et : Je te préviendrai ;-)

Last but not least : terrible cette photo... Pas vu "Les Goonies" : tu me le recommandes ? 


comprendre 15/07/2008 18:58

Tout d'abord, il faut faire preuve d'un peu plus de tolérance et accepter Jéro tel qu'il est, perdu dans un monde qu'il ne comprend pas. Est-ce que tu rirais d'un homme en fauteuil roulant ? Non. Ben Jéro c'est pareil, c'est un homme en fauteuil roulant, qui roule lentement dans le monde de l'identité culturelle. Malgré ta réponse lapidaire, je reviens ici pour te dire ce que j'entendais par "vrai" cinéma d'horreur car il y a risque de confusion, d'incompréhension, de tension, d'armes de destruction massive, d'invasion et de guerre civile. Depuis quelques années, environ une dizaine, il est devenu de bon ton de dire "film d'horreur" pour un peu tout. Scream c'est un film d'horreur. Souviens-toi l'été dernier c'est un film d'horreur. Cube c'est un film d'horreur. Blair Witch c'est un film d'horreur. The ring c'est un film d'horreur. En réalité, il n'y a plus de films d'horreur, ils ont été bouffés par la mondialisation et la loi du marché. Il y a vingt cinq ans, quand on voulait voir un film d'horreur, on allait voir "Helraiser", "Zombies", "Démons", "street thrash", "cannibal holocaust", "l'au-delà" ou un film troma. L'objet même du film était de faire vivre l'horreur, de choquer l'oeil (plus que l'âme, ne nous le cachons pas, ceux qui l'ont réussi n'était pas toujours des plus "corrects" et je n'entrerai pas dans les détails pour respecter le jeune public, qui ne connaîtra plus jamais cette époque, grâce à ses slashers, devenus "films d'horreur", qu'il consomme asceptisés avec un verre de cola light). Carrie c'est un film d'horreur ? Non. Ben dans la lecture "2000" si. Idem pour Dressed to kill. Idem pour les films d'Haneke. Idem pour dark water ou pour American Psycho. Et pourquoi pas pour natural born killers, les goonies ou encore batman ! Cinoque est une saloperie de monstre, dans le bateau y'a un squelette, fais moi péter l'étiquette "film d'horreur" Michel, on va casser la barraque !. Un bon vieux Bava (père comme fils), Fulci, pourquoi pas d'amato (oui oui, le même auquel tu penses), voilà du cinéma d'horreur. Je pourrais décrire ici de vraies scènes d'horreur à en faire dégobiller quelques uns, je peux te garantir qu'on est à 20 millions d'années lumière de "Saw" ou je ne sais quelle connerie de violence vendue comme du cinéma d'horreur. L'horreur, c'est le malsain, pas la violence. L'horreur est avant tout psychologique et se dilue dans l'hémoglobine qui n'est pas une fin en soi. Le sang ne fait pas l'horreur et inversement. La peur n'est pas l'horreur, mais l'horreur est la peur. Bref, t'as réussi à me mettre en boule... Tas d'cons ! comprendre

D&D 24/07/2008 03:24



Comprendre,
Je crois que là, vraiment, je ne suis pas sûr de...
A suivre...



comprendre 13/07/2008 15:10

Tu dis plein plein plein de choses, c'est dur de rebondir sur tout ! Donc je vais me limiter : un film qui m'a impressioné, "la 7e prophécie". Mais faut dire que j'étais petit. Je l'ai revu il n'y a pas trop longtemps, il n'est pas mal. J'ai un rapport ambigü pour ma part avec les films "de peur" puisque j'ai gouté très tôt aux mamelles du cinéma d'horreur (le vrai). Donc le silence des agneaux, bien que vu à un âge prépubaire, ne m'a pas fait peur plus que ça (mais ce n'est pas ce que je venais chercher, le film étant très bon). Le livre est d'ailleurs bien plus violent. Voilà, ça c'était pour la peur. Pour BEE, j'ai beaucoup aimé Lunar Park, beaucoup moins glamorama. J'ai pas lu le reste, même si je suis sûr que je vais adorer American Psycho (tiens d'ailleurs, le film, tu en penses quoi ?). Tu as raison à propos de la contemporanéité, ni toi ni moi ne sommes plus le coeur qui bat de notre temps. Nos mémoires cinématographiques fortes (basic instinct, le silence des agneaux, terminator 2, Akira, chéri j'ai rétréci les gosses, qui veut la peau de Roger Rabbit...) sont déjà figées dans le temps. ça s'appelle vieillir. J'ai du mal à me reconnaitre dans les jeunes gens de maintenant, trop orientés "apparence", souvent sans repères culturels voire identitaires. La tecktonik est le sommet d'un iceberg bien inquiétant. Pour ma part, je me replie sur les fondamentaux, religieux et culturels. Pour aider le temps à mieux passer, et à me rassurer. Je ne laisserai pas grand chose ici bas, mais au moins en emmenerais-je autant que possible. Je vois des images bien suprenantes dans ton article, notamment de films qui ne m'ont pas plu du tout. Je pense à Event Horizon notamment, mais il faut dire que je suis mauvais client en matière de science fiction. Par contre, ghost of mars, pourri par un peu tout le monde, m'a plu, malgré ses défauts. De toute manière j'aime bien Carpenter, donc on adhère globalement. En 1997 il y a eu, aussi, "nowhere" de Greg Araki. Mais cinéma intimiste. Sur ce je te souhaite un long dimanche de... repos et te dis à bientôt. comprendre. ps : je t'ai laissé un message sur blogswizz. PS2 : je ne garantis pas que ce commentaire ne soit pas truffé de propos subliminaux.

D&D 15/07/2008 03:04



Quel commentaire réjouissant ! D'autant que ça me fait plaisir que tu viennes te promener de ce côté-ci du blog.
Euh... En vrac...Ba ba ba... :-)
Pas vu la Septième prophécie, alors tu m'intrigues, d'autant que Kyle "Biehn" Reese et Prochnow, me sont plutôt sympathiques, dans le souvenir...
En revanche, MOIJE n'ai pas vraiment commencé tôt avec le film d'horreur - pas encore sûr même d'identifier quel est le "vrai" -, d'ailleurs The Toxic Avenger, pas vu davantage... Ce qui
me rappelle aussi qu'un jour je vais tenter un article sur les différents types de peur que j'éprouve au cinéma...
Je ne me souviens pas que le livre de Harris était plus violent, mais à ma "décharge", je l'ai lu en anglais et c'était certainement encore trop juste pour moi...
Je suis un inconditionnel d'Ellis : j'aime terriblement Glamorama, même si je lui préfère Lunar Park. Je vais me relancer dans l'intégrale, de préférence avant la sortie du
prochain. Sinon, désolé, aucun souvenir du film American Psycho, ça ne m'avait pas capté du tout...
Euh... C'est l'hallucination totale le "Jero" !...
Peut-être que je ne trouverais pas Event Horizon un bon film, c'est trop loin maintenant, mais il m'avait terrifié, et sur un mode proche de Ghosts of Mars, bien que les films
n'aient rien à voir par ailleurs.
Ton commentaire mériterait meilleure réponse, plus approfondie et plus drôle aussi, mais je suis à nouveau fort coincé par le temps ces jours-ci. Je tâcherai vraiment d'y revenir, notamment sur
les questions de contemporanéïté, et je te préviendrai.
En tout cas, encore une fois : tu m'as, aussi, bien fait rire ;-)Bonne semaine à toi !



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