Partager l'article ! Sport de filles de Patricia Mazuy… ou La Volonté et le désir…: J'ai un souv ...
J'ai un souvenir très flou, mais aimant, de Travolta et moi et surtout de Saint-Cyr. Je sais que ce n'est pas flou à
cause des films, alors je voulais voir Sport de filles, mais je n'arrivais pas à trouver vraiment le désir, à cause des chevaux, ou plus précisément des mondes équestres : c'est Mars
pour MOIJE, mais d'une manière où j'ai comme pas envie de m'y intéresser. Presque : je préfèrerais ne pas avoir à trouver ça intéressant… Même si je sais bien que la qualité du film n'aurait
in fine pas à voir avec ça, ou pas seulement, que ce ne serait que son terreau… Un peu comme mon pote de ciné qui aime beaucoup Eastwood mais n'arrivait pas à aller voir J.
Edgar, parce qu'à un moment te dire que tu vas voir un truc qui te donnera la complexité d'Hoover, et donc te restituerait son "humanité" - même si sur le principe tu ne te sens pouvoir être
que d'accord, au fond -, ben en même temps t'aurais surtout envie d'avoir plus urgent à voir ! Peut-être que la bande-annonce de La Dame de fer a bien aidé mon pote à s'apaiser avec
J. Edgar : le boulot d'Eastwood avait peu de chance de ressembler à cette chose hallucinante où ça me contrarie un tantinet que Meryl Streep fasse passer ça (mais j'oublie pas
que beaucoup de bandes-annonces racontent aussi le contraire des films qu'elles sont censées présenter). En tout cas, face à celle de Miss Maguy, je peux pas m'empêcher de me demander
s'il y aurait pas un truc plus problématique qui se joue - et que je crains - que lorsque plein de gens n'étaient pas contents que Bruno Ganz joue Hitler. Mais comme j'ai vu aucun des deux films
à ce jour, je préfère reporter l'embryon de réflexion... Quand même, je me dis que le truc avec Meryl Streep, ou sa bande-annonce donc, ça pourrait peut-être s'appeler Sport de filles
aussi, d'une manière tordue et comme opposée, et du coup ça me donne super envie de voir le film de Miss Mazuy !
Mais là, je m'emballe et je raconte (vraiment) n'importe quoi, je réécris l'histoire : j'ai bêtement trouvé le désir de voir le film
quand j'ai réalisé qu'il était avec Bruno Ganz. J'ai jamais trop vu Bruno Ganz : chaque fois que je l'ai vu, j'ai eu envie de l'aimer. Je sais pas tout à fait pourquoi. C'est même pas pro, même
si je l'ai toujours trouvé très bien, mais c'est pas ce qui prévaut dans cette affection-là. C'est quelque chose dans son visage - en tout cas, celui que je connais, toujours à plus de cinquante
piges je crois - , et j'y pense aussi parce que ça a un peu à voir pour moi avec celui de Ben Gazzara. Un visage que je suis toujours heureux de voir. Je me dis qu'il va falloir que je prête attention à son travail. Mais déjà je suis content de me décider à aller
voir Sport de filles. Aussi : j'avais beaucoup aimé Marina Hands en Lady Chatterley. Mais c'est moins mystérieux comme amour, ça me surprend moins. Ou je le crois.
Donc je vais voir le film : je sais pas pourquoi je passe un très bon moment avec. Je peux croire un peu savoir quand il y a Ganz à
l'image, mais quand même, c'est pas ça pour de bon, une fois devant le film, je sais bien. Ça me gonfle quand même très vite ces histoires de dressage, et le fric, et les costumes, en tout cas le
mélange des trois. Et j'ai du mal avec l'hyper-caractérisation (à l'américaine, je me dis très vite) des personnages. Mais en fait non, c'est pas vrai, j'ai pas vraiment de mal du tout : je passe
un très bon moment. Je suis intéressé (par le film) et découragé (par moi) à la fois. C'est un de ces cas un peu rares où je me sens à la fois très proche et très étranger à ce qui se passe. Je
lis un portrait de Patricia Mazuy,
puisque décidément je trouve cette femme étonnante, et ça me fait pareil : très proche et très étranger. C'est une articulation singulière. J'ai surtout l'impression de buter, et je vais pas me
faire violence non plus, mais si les journées étaient un peu plus longues, je passerais beaucoup de temps avec ce film. Là je préfère attendre, laisser le temps me travailler, que quelque chose
s'apprivoise, s'amadoue, se détende. Pas seulement l'intuition qu'il est bien, ce film, enfin je le reverrai : quand la volonté et le désir se recroiseront, autrement. C'est peut-être même très
bien Sport de filles. En tout cas, je vais quand même oser l'écrire : y a quelque chose dans ce film qui (me) remet en selle.
PS : je trouve ça vraiment pénible que le film soit déjà si peu en salles. J'ai quand même l'impression que le titre n'aura pas aidé.
Je le conteste pas en soi du tout, mais je le trouve bizarrement presque suicidaire. Peut-être que ça me surprend un peu trop, pour une fois, comme le film se plante à ce point question
fréquentation. C'est triste.
PPS : Buster écrit pas mal de choses sur le
film, aussi via les commentaires (et alors, il n'est pas le seul). L'article des Cahiers du cinéma m'intéresse bien aussi.