Un jour, un café

Samedi 13 octobre 2007

Arghhh, ça malche pas, comme il disait…

Cette fois : le bar d’un TGV, alors, sans doute, on ne peut pas appeler ça un café, mais… pour une fois que je me lève très tôt, je retente : écouter parler des inconnu(e)s… Est-ce que c’est important le cinéma ?

Pas de cinéma ici. Que du cinéma. Mais du faux. Dans le mauvais sens. A contresens. Barbarisme. Ce que tu veux. La comédie sociale. Les barbares. On dit la comédie humaine. Non, pas humaine : sociale… Tout le monde connaît ça par cœur.




I
l n’y a guère que le rugby qui créé quelque chose d’un peu vivant voire rigolo ici (n’est-ce pas Fredo ;-) ), qui m’empêche d’être de mauvaise humeur, parce que sinon, ce matin, là, dans ce wagon, le spectacle… La tentation du misanthrope. Non. Trop facile. On ne va pas commencer à s’énerver devant la meute de collègues qui font semblant de s’écouter parler, en prenant exclusivement soin de vérifier qui a la plus grosse. Voiture. Paire de pompes. Ce que tu veux. Du Bret Easton Ellis version série Zzzzzz de sous-préfecture : presque rien… On ne va pas se décourager pour ça… Non, bien sûr.  

Quelque chose recommence…




Un film, pas incontournable je trouve, mais quand même, me rattrape, je ne sais pas, il faudrait écrire ce qui vient tout de suite… J’ai oublié mon stylo. Tant pis. Ce ne sera pas comme j’espérais. Immédiat, presque transitif, et festif…

Mais j’essaie d’évoquer à quoi ça ressemblait, cette vague de joie en repensant aux Arnaqueurs, le deuxième film américain de Frears, revu récemment en DVD. Histoire de ne pas baisser les bras.

Et puis peut-être il y aura encore de l’envie, quand même, qui passera…


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Toute l’espièglerie (et son contraire) qu’Annette Benning a toujours tant de grâce à délivrer.

Angelica Huston, en toute majesté.

Quand je deviens sentimental comme ça, j’écris comme une cruche. Ou pas… Toi qui vois :-)

C’est noir, très noir. Et ça fait vraiment mal. Sans se vautrer dans le dispositif dégueulasse et programmatique de torture (même - et surtout - la scène « des oranges »). Possiblement autant laborieux qu’inspiré quant à la mise en scène, mais ça tient le choc.

Quand même : la scène des oranges… et l’entretien Bobo/Lilly juste après… les arnaques passées d’Annette… la confrontation finale… quand même, c’est pas rien… Ces moments-là... Justesse, précision, humour, risque : l'histoire, l'interprétation et la mise en scène. Je retiens ça. Solaire tragédie.


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J’étais très jeune quand j’ai vu le film à sa sortie. Au temps de Wild at Heart aussi. Je commençais à entrevoir, par le cinéma, que le monde pouvait être vénéneux, aussi. Oui, j’ai eu de la chance, avant… Et non, nécessairement.

Mais, ça ne me semblait pas si grave, ce monde si vénéneux, si violent, si (dé)structuré par la loi de l’argent… puisqu’il restait tant d’éclats dans les films qui le rappelaient, me le révélaient.

Maintenant je sais. Je crois que je sais. Mais il y a toujours l’éclat des films. Même des plus sombres. Même des imparfaits. Quel plaisir de retrouvailles ici… Avec ces actrices aussi.


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PS : je pense souvent à Angelica Huston dans ce film, tant sa prestation m’a marqué. Ooops, j’espère que ça veut rien dire sur ma mère... Mais non. Rien de grave. :-)

Par D&D
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Vendredi 3 août 2007

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J'ai l'habitude de travailler la nuit : silence particulier du monde environnant qui semble faciliter la concentration, déjouer toute censure, et en même temps protéger. Cela fait des années. Je n'ai donc pas l'habitude de me lever tôt. On me le reproche souvent : "le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt" et je me dis avec la meilleure mauvaise foi du monde que personne ne devrait avoir envie que le monde lui appartienne. 

Mais ça peut passer vite aussi : les possibles, le possible, et puis presque plus rien. Je commence à sentir ça. Alors pourquoi pas, de temps en temps, se lever tôt ; cela rompra au moins l'habitude. Davantage de lumière diurne n'est pas désagréable. Se lever tôt donc, parfois, et… aller au café. Et… chaque fois dans un café différent. Et tendre l'oreille. Et je me demande, en y prêtant attention, si je vais entendre parler art, ou même simplement culture, quand on est encore en train de finir de se réveiller. Pour bien commencer la journée !


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Et maintenant, je me demande si c'est si différent quand on se met à parler d'un film que quand ça parle de foot, de régimes, de voitures ou de fringues… Est ce que c'est si différent au moment où le dernier Eastwood tombe dans la conversation ? Peut-être que non, et parfois tout le contraire, c'est ce que j'espère… Retour de naïveté : souhaiter que parler d'un film relève d'un partage singulier - comme cela semble l'être parfois sur la toile - dans la vie courante, et même au lever. Alors un jour, un café… Pas un café par jour, mais on verra bien.

  


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Ce matin : "Les deux Savoies", face à la Gare de Lyon. Un peu plus de sept heures et vraiment pas grand monde : août a déjà commencé. La première conversation que j'arrive à suivre se nourrit des fonctionnaires. Sorry for the cliché. Ça donnerait presque envie de calculer le manque à parler si cette catégorie disparaissait…  

Et puis, changement de fréquence, il y a ça : une voix, d'emblée désagréable, qui sort du petit lot… Quelqu'un qui dit : "rien, on ne fait rien pour eux.", avec une indignation particulière qui pointe. Sida en Afrique. Mais on sent bien déjà que le motif de l'indignation n'est pas l'hécatombe elle-même, que ce n'est pas si généreux que ça. Et au bout d'un petit moment d'énervement, ça tombe, pour de bon : "Alors que les prostituées, ça, elles, on va les protéger, on va leur en donner gratuitement des préservatifs". Bon. Il y a beaucoup de peur et de colère dans la voix, et l'indignation atteint l'orgasme.




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Comme je suis tout sauf un ange, je me demande s'il n'est pas préférable de devenir misanthrope aussitôt, une fois pour toute, et que c'est mieux quand même de travailler la nuit, de se lever tard, et de rêver un peu les gens… Et puis je me rappelle qu'à vouloir placer haut la foutue barre, je commence par me détester moi-même. Au lieu de faire avec.

 


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Alors je repense un peu à Basic Instinct… Aussi parce que ce n'est quand même pas Persona ou Identification d'une femme. Mais je me souviens bien du plaisir que j'ai eu à faire la longue file d'attente pour voir le film (dont je ne savais presque rien) à sa sortie. Je me souviens de la salle comble et pratiquement à l'unisson dans sa stupéfaction, dans sa fascination. Et que c'était une sensation bien agréable, même nourrie de nombreux malentendus, et agréable aussi cette extrême contemporanéïté…. 

Quelles que soient les controverses, surtout les extra-cinématoraphiques qui me semblent toujours aussi déplacées pour ce film, je repense aussi à l'insolente beauté de Sharon Stone. Sa lumière. Assumant ici mon côté midinette, je me souviens également l'avoir vue d'assez près, à Cannes, en 1998, et d'avoir été, mais positivement, irradié. Bref, il se trouve que j'ai regardé, le week-end passé, deux fois le film en DVD, uniquement avec les commentaires (il y en a deux dans l'édition dite définitive*).



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Qu'est-ce que je veux dire ? Qu'il faudrait que je prenne le temps de parler de Basic Instinct ? J'ai déjà fait le coup pour Ghosts of Mars. Mais j'espère m'y coller… Enfin, c'était déjà bien d'y repenser un peu en quittant ce premier café. Dommage qu'il n'y ait pas été question de ciné. J'ai envie de croire que ça aurait moins dérapé.




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* Pour les non-dégoûtés, je recommande, dans cette édition DVD, une interview d'une heure de Verhoeven, réalisée pour la télé hollandaise, où je le trouve, lui, particulièrement passionnant.

Par D&D
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