Samedi 24 octobre 2009
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Croire avoir de la chance : en revenant à Lisbonne, remarquer qu'un hommage à Agustina Bessa-Luis permettrait d'écouter Leonor Silveira lire des extraits du Val Abraham au Centre Culturel de Belém, et que Luis
Miguel Cintra, sera sur la scène de son Cornucopia, pour une Iphigénie ranimée par Goethe…
Evidemment, ne pas parler suffisamment le portugais - loin de là - pour comprendre grand chose des mots délivrés, mais : se laisser porter… la
musicalité de cette langue et… surtout… les voix… et celles-là, tant aimées… dans la douceur du timbre clair et la précision de l'énonciation communes à ces deux figures majeures du cinéma
de Manoel de Oliveira…
Et, ce même 15 octobre, les trouver tellement beaux... si amples et humbles à la fois. Et reprendre souffle par là…
Last but not least, pour qui ne connaîtrait pas le blog Balloonatic, j'invite vivement à lire les beaux extraits des
Réflexions de Jean-Claude Guiguet - issu du livre Manoel de Oliveira - ici et là.
Mercredi 5 août 2009
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Il n'y aurait pas que les malheurs qui n'arrivent jamais seuls : dans un mois, sortira sur les écrans français Singularités
d'une jeune fille blonde de ce cher Manoel de Oliveira… alors qu'il prépare le tournage de O Estranho Caso de
Angélica !
Dans cette joyeuse attente, je relis Conversations avec Manoel de Oliveira d'Antoine de Baecque et Jacques
Parsi. Je crois n'en avoir encore parcouru que des extraits me semblant liés aux films que j'ai pu voir à ce jour.
Mais là, bien sûr : je recommence. Et… oui … cela, tout de même, je l'avais lu… puis oublié… tout au début… et j'ai
souvent… honte ?... de mes oublis… mais… aussi… j'aime parfois la forme de virginité qu'ils régénèrent… surtout pour d'heureux moments… qu'est-ce que je voulais
dire...
Il se trouve que : Manoel de Oliveira a réalisé Mémoires et Confessions, il y a plus de vingt-cinq ans, film
autobiographique, jamais sorti, car il restera, selon la volonté du réalisateur, posthume… Son épouse Dona Maria Isabel, récemment revue dans Christophe Colomb, l'énigme, est bien sûr de l'aventure et il semble que la singulière maison du couple y joue
un rôle important - le titre portugais étant d'ailleurs Une visite ou mémoires et confessions - , mais : le cœur du film serait (aussi) le cinéma…
Tiens… Je ne croyais pas possible que l'artiste portugais ait pu réaliser un film que je n'ai aucune hâte de voir… C'était raisonner trop court… Comme me semblent raisonner trop court ceux que
les filmeurs de singularités agacent, à croire qu'ils s'impatientent, comme si cela prenait toujours trop de place au prêt-à-penser, et/ou aux consommations lucratives, on est quand même là pour
faire du blé !... euh… maiiiiis…
PS : pour reprendre le chemin de Manoel de Oliveira, j'aime beaucoup ici.
Il se trouve que : Manoel de Oliveira a réalisé Mémoires et Confessions, il y a plus de vingt-cinq ans, film autobiographique, jamais sorti, car il restera, selon la volonté du réalisateur,
posthume… Son épouse Dona Maria Isabel, récemment revue dans Christophe Colomb, l'énigme, est bien sûr de l'aventure et il semble que la singulière maison du couple Oliveira y joue un rôle
important - le titre portugais étant d'ailleurs Une visite ou mémoires et confessions - , mais : le cœur du film serait (aussi) le cinéma…
Vendredi 12 juin 2009
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Samedi matin, dans le cadre de l'intrigant festival Parfums de Lisbonne, Le Miroir magique, dernier film sorti en France de Manoel de Oliveira, était reprogrammé. Si la première vision du film m'avait offert un plaisir sans
faille, la seconde a achevé de m'enthousiasmer ! Il était d'ailleurs temps que j'apprenne qu'il venait "à la suite" du Principe de l'incertitude, l'un des rares que j'ai manqué depuis une quinzaine d'années, depuis Le Jour du
désespoir et Le Val Abraham. J'attendrai maintenant de découvrir ce Principe et de revoir ce Miroir - même s'il peut fort bien se découvrir seul - pour y
revenir. Plus que passionnant pour MOIJE, donc !
La séance s'est terminée par un (trop court) échange avec Diogo Doria, acteur complice de Oliveira depuis longtemps - un quart
de siècle -, dont l'énergie et la générosité m'ont également impressionné.
Il a notamment été question de la collaboration entre Oliveira et l'écrivain Agustina Bessa-Luis, de cette
écriture "pas faite pour être jouable" selon les canons convenus de l'écriture scénaristique. C'est connu : la direction d'acteur d'Oliveira fuit le "naturalisme" comme la peste. Cette
recherche, que de nombreux réalisateurs contemporains ont à cœur avec plus ou moins de bonheur, Oliveira la mène incroyablement. L'écueil du vite nommé "amateurisme", qui ne semble parfois pas
si éloigné aux yeux du dit "grand public", ne saurait menacer ici. Sans doute d'une part parce que le travail d'énonciation s'inscrit au double service d'une langue (le portugais) et d'une
écriture (Bessa-Luis de manière récurrente donc), et d'autre part grâce au travail suivi avec de nombreux comédiens issus de familles devenues indistinctes : celle des acteurs de métier (avec
Diogo Doria par exemple, ou Leonor Silveira dont la précision et l'apparente aisance de l'intégration du "chemin" Oliveira est confondante, notamment dans Le Miroir Magique) et celle
des parents (Ricardo Trepa, petit-fils du réalisateur, Leonor Baldaque, petite-fille de l'écrivain, pour ne citer qu'eux), qu'ils aient choisi d'intégrer totalement la "profession" ou non.
Que cette arrivée des proches dans la cartographie des interprètes n'ait pas perturbé l'équilibre fragile d'une telle direction d'acteurs - répétons, répétons : c'est une des choses les plus
difficiles qui soit (bien plus que de prendre quinze kilos ou de les perdre pour conjurer l'imposture incontournable de l'acteur et/ou celle d'être "dans la peau du personnage") - se mesure
aussi à l'exigence en partage du metteur en scène. S'il est une chose toute simple que Doria a pu dire, comme l'ayant frappé à ses débuts avec le maître portugais et qui m'a beaucoup ému :
comment Oliveira se conduit de même manière avec tous, acteurs débutants, peu connus ou stars internationales (Deneuve, Piccoli, Malkovich, etc.).
Bref, même pour
moi qui hais toujours autant voir les films à jeun : quel heureux matin que ce samedi-là, dans cette
joyeuse famille recomposée.
Dimanche 19 avril 2009
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01:38
(Ce que Manoel de Oliveira dit dans cet extrait - ou Wenders par sa bouche ? -, quelque chose comme ça :)
"Au cinéma, la caméra peut fixer un instant.
Mais cet instant est déjà passé.
Au fond, c'est la trace du fantôme de cet instant.
Nous ne sommes plus aussi sûrs que l'instant
ait jamais existé en dehors du film.
Où est la preuve cinématographique que l'instant a existé ?
Je ne sais pas.
J'en sais de moins en moins sur ce sujet.
Nous vivons, après tout, dans un doute permanent.
Et en dépit de cela,
Nous vivons les pieds sur terre,
Nous mangeons,
Nous aimons la vie."
Il y a un léger décalage entre le son et l'image par rapport au film d'origine, aussi j'ai beaucoup hésité à mettre cet extrait. Mais j'y tiens trop - ou bien le frisson du sacrilège m'anime
:-) - et ce n'est après tout qu'une invitation… Je crois que quelque chose passe quand même. L'essentiel reste de voir le film, non que je
le trouve incontournable, on dit comme ça, mais charmant, assurément. TOIQUIVOIS.
PS : Manoel de Oliveira n'est que de deux ans le cadet de Jacques Tati, il me semble. C'est sûrement assez bête de penser à/comme ça, mais quand même, ça (me) fait tout drôle…
Lundi 9 février 2009
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Blog en pause... Take care of you, everyone ;-)
Vendredi 9 janvier 2009
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15:03
Hé... psssst !... Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que ce film du vénéré maître est enfin sorti en France mercredi...
Sans doute y reviendrai-je, mais... sans doute les joies de la distribution en salles feront-elles qu'à ce moment-là le film aura disparu de nos écrans...
MOIJE trouve que ça donne envie ces photos...
Jeudi 11 décembre 2008
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21:21
Aujourd'hui, Manoel de Oliveira a donc cent ans. Alors c'est un peu idiot, aussi, mais cela me réjouit ! Et je n'en reviens pas des œuvres qu'il continue à délivrer.
Il est notoire que le vétéran du cinéma attribue sa longévité au maintien de son activité créatrice (Singularidades de uma
Rapariga Loira devrait sortir en 2009). C'est en tout cas, une belle invitation, contre les renoncements.
Est-ce pour fêter ce cinéaste que va enfin sortir Le Miroir magique, qui n'avait encore pu trouver le chemin de nos
écrans depuis le début de sa vie de festivals en 2005 ?… Fallait-il donc appeler l'événementiel à la rescousse pour distribuer enfin le film du réalisateur ?... Ce serait plus
qu'inquiétant, même si la France reste certainement une des meilleures terres d'accueil pour ses films… Bref, je voudrais pourtant aussi célébrer ce joyeux événement cette année, en tentant
d'intercaler entre mes publications habituelles des clins d'œil légers et amoureux pour le travail de ce maître singulier, né presque en même que l'art dont il ouvre un des horizons, si peu vu
encore, finalement. Oui, quoi qu'il en soit, c'est décidé, c'est la fête : bon anniversaire, Manoel !