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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 01:18

 

 

Greg Mottola - Adventureland

 

 

 

 

 

Adventureland Greg Mottola (03)

 

 

 

 

 

Greg Mottola - Adventureland

 

 

 

 

 

Adventureland Greg Mottola (07)

 

 

 

 

 

Adventureland Greg Mottola (09)

 

 

 

 

 

Adventureland Greg Mottola (11)

 

 

 

 

 

Adventureland Greg Mottola (13)

 

 

 

 Adventureland - Greg Mottola

 

 

 

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 03:29

 

Mary Poppins - Robert Stevenson

 

 

 

Depuis trois ans, je renoue avec l'envie de m'offrir quelque chose comme un "film de Noël", ce qui doit brasser des définitions assez diverses. Le désir récemment stimulé de découvrir Mary Poppins aura signé mon choix pour cette fois. Et me voilà avec une joyeuse hâte que le film commence... Joyeux Noël à tou(te)s !

 

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 23:08


Seul le film contient plus de ***SPOILERS*** que ce texte.

 

 

 

The Ides of March - George Clooney 

 

 
Les lectures de l'histoire au sein des Marches du pouvoir divergent beaucoup, y compris en France (1). Il est souvent réjouissant qu'un scénario permette les interprétations multiples, et c'est logiquement le cas ici puisqu'il s'appuie (au moins) autant sur ces ellipses que sur son explicite - ce qui me semble assez rare aujourd'hui à Hollywood -, et sur des personnages, et leur ballet, relativement complexes ou inaccoutumés.

J'ai donc besoin de dire un peu, et à un tout premier niveau, ce que je vois de l'histoire et des personnages qui la peuplent, d'autant que si je ne doute pas qu'il y ait d'autres lectures possibles, je ne comprends pas du tout celle qui ferait légion (tant bien même rien d'un peu attentif n'ait été écrit sur le film à ma connaissance) et qui se résumerait à : Clooney fait un film politique, et il est désabusé, et on s'emmerde, parce que c'est pas bien original d'être désabusé, et c'est pas bien intéressant de faire un film politique depuis la nostalgie des 70's en version cynique contemporaine. Je vais vite, mais ça donne surtout lieu à des articles expédiés sur le mode du circulez-y-a-rien-à-voir.

On peut aussi remarquer que le film en question n'est pas vraiment plus politique qu'un autre : simplement, il se passe dans la classe politique, mais pourrait tout aussi bien se dérouler ailleurs, au moins dans pas mal de sphères où se recroisent enjeux certains de pouvoir et professions de l'ombre, à commencer par Hollywood. En outre, le centre nerveux du film ne me paraît pas tant le milieu où il s'inscrit que son protagoniste principal : le mélange de densité et de béances du récit n'est pas au service d'une construction de type thriller (qui serait alors évidemment faible bien que rondement mené) mais bien plus simplement et efficacement d'un portrait.

 

 

The Ides of March - George Clooney 
   

Récemment ressortait en salle  Portrait d'une enfant déchue qui procède ouvertement par fragments via une forme dite moderne. Au moins depuis son second film, Good Night and Good Luck, le réalisateur George Clooney évolue dans ce que l'on appelle, je crois, le classicisme ou bien le néo-classique - comme, à sa manière, l'acteur-réalisateur en maître : Clint Eastwood. Son dernier film procède pourtant tout autant par fragments que celui de Schatzberg, par blocs successifs contribuant au portrait sans le "résoudre" : la comparaison s'arrête là mais le fait que ces derniers s'enchaînent chronologiquement et soient extrêmement ramassés dans le temps n'y change fondamentalement rien.

Ce qui préside au découpage de ces blocs, et aux ruptures ou ellipses qui les séparent parfois (avec une fluidité et une pertinence qui m'impressionnent), n'est que la réalisation du portrait de Stephen Meyers (Ryan Gosling), pour ainsi dire de toutes les scènes : Les Marches du pouvoir n'en propose presque pas sans lui ou dont il ne soit au moins et in fine le puissant hors-champ - ce qui donne alors au film certains de ses plus beaux moments. Ainsi de l'éviction finale de Paul Zara (Philip Seymour Hoffmann), avec son premier hors-champ (l'échange avec le candidat) caché dans le champ via l'impénétrable voiture, ne nous laissant alors presque plus qu'en la présence invisible de Stephen Meyers, de son pouvoir étendu.

Si le portrait me semble particulièrement beau et fort, c'est qu'il atteint les fragiles points d'équilibre entre simplicité de la ligne et complexité du matériau, précision du regard et irréductibilité du modèle (ni caricaturé, ni schématisé, ni véritablement "résolu", tel celui du top model jouée par Faye Dunaway). Entre la première et la dernière séquence du film, Stephen Meyers a certes basculé, mais : en lui. Il n'y a pas de rupture radicale, et pas de véritable explication : il y a accélération d'un mouvement (commencé avant la narration) jusqu'à ce que celui-ci provoque un changement d'état, comme en physique. Le processus est anti-spectaculaire au possible - les climax potentiels sont le plus souvent passés en ellipses fertiles - et d'essence tragique : c'est une marche continue jusqu'au point de non-retour.

 

 

 

The Ides of March - George Clooney  
   

"I don't have to play dirty anymore. I've got Morris"… La carrière de Stephen Meyers n'a pas commencé avec la candidature de Mike Morris (George Clooney) à l'investiture démocrate. C'est un homme particulièrement brillant et ambitieux : les premières rencontres avec la journaliste Ida Horowicz (Maria Tomei) et avec le directeur de campagne de la partie adverse Tom Duffy (Paul Giamatti) servent aussi à nous le rappeler. Il en a déjà beaucoup vu, en coulisse, comme il le confie lui-même. Les Marches du pouvoir ne m'évoque pas le portrait d'un enfant déchu, d'un idéaliste tombant des nues et découvrant des noirceurs insoupçonnées. Loin de là.

Meyers n'est pas non plus un personnage caricatural au service d'une démonstration programmatique : la singularité tient en ce que le récit commence lorsqu'il est en plein "état de grâce". Cet état de grâce, c'est Morris. Meyers croit en Morris, totalement : en sa capacité de changer les choses ET en sa capacité extra-ordinaire de remporter les élections présidentielles face aux Républicains (emmenant dans son sillage Meyers aux plus hautes fonctions qu'il puisse envisager). Les deux aspects coexistent intensément chez Meyers, dès le début du film, et son basculement se signale comme la victoire progressive mais écrasante de l'un sur l'autre. Simplement : le récit s'ouvre au moment de sa vie où son ambition - sa volonté de pouvoir - peut se mettre, avec Morris, au service de ses meilleures intentions.

Depuis l'état de grâce confus à la machine de guerre implacable, la précipitation de la chute, servie par la sécheresse de la narration et de la réalisation, évoquerait alors la déflagration d'un coup de feu, mais porté avec un silencieux : la douleur sera mate - très singulier ton du dernier mouvement du film, connecté à l'implosion de Meyers. De nombreuses œuvres nous ont habitués aux grands cyniques avérés et conscients d'eux-mêmes, en figures faciles et repoussoirs du Mal. Ce qui devient intéressant ici, et redoutablement juste, est que Stephen Meyers entretient d'abord une inconscience relative quant à la réalité de ses actes : il y a simplement malaise, petits arrangements avec soi. Mais dès ce premier mouvement du film, avant les grandes crises, avant la condensation tragique de sa personnalité, au moins deux moments-clé annonçant le désastre ne devraient être ignorés.


(… suite et fin assez vite, j'espère)


 

The Ides of March - George Clooney

 

 

 

 

(1) Je ne peux pas m'empêcher de penser que "l'affaire DSK", dont j'ignore comme tout non-initié la réalité, aura totalement parasité la réception de ce film, dont l'histoire n'évoque pas ce type d'affaire particulièrement trouble. Ce sont à des scandales du type "l'affaire Clinton" qu'il faut revenir… si tant est que sur ce point nous soyons encore capables même en France d'avoir une réaction différentes des républicains états-uniens. Stephen Meyers, lui, ne saurait être humainement effondré par ce type de "découverte" (j'y reviendrai sans doute).

 


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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 13:02


Pater - Alain Cavalier

 
2011 commence sérieusement à se finir, et dans le marketing envahissant de Noël, tout n'est pas nécessairement à fuir. Parmi les films qui auront beaucoup compté pour MOIJE cette année, il reste bien Pater d'Alain Cavalier, l'aventure joyeuse menée avec Vincent Lindon.

Alors, pour qui sera ou passera par Paris, le jeudi 1er décembre, à 19h00 : la librairie Ciné Reflet, propose une rencontre avec le filmeur autour d'un verre, à l'occasion de la sortie du coffret DVD Les Braves.

Cela fera parfois sourire, mais je pense bien que ça ne doit pas être désagréable de passer un petit moment en compagnie d'Alain Cavalier.



PS : mardi 29 novembre, même lieu, même heure, même formule avec la réalisatrice Claire Simon. (Je ne connais pas son travail).

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:11

 

David Cronenberg - Crash

 

 


Ce serait un regard qui appelle, comme on invite, mais sans attente : il part de plus loin qu'on n'oserait se l'avouer, et distance les horizons familiers. Comme un défi, d'autant plus fort, qu'il se propose sans violence, et sans injonction.

Et ça aurait été nettement moins la fête, si je n'avais pu voir, quelques jours sur grand écran, le regard de Deborah Kara Unger, qu'au moins David Cronenberg (surtout), puis Jonathan Nossiter, auront su soutenir dans les entrelacs de Crash et de Signs and Wonders.

Peut-être trop belle pour le cinéma indépendant ou assimilé, trop singulière pour Hollywood : si elle ne reste pas concrètement sans tourner, peu parvient malheureusement vraiment de cette actrice, au grand jeu de massacre qu'est aussi le cinéma. Peut-être au théâtre ? (Je crois me souvenir qu'elle en vient).

 

 

    Signs and Wonders - Jonathan Nossiter

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 01:45


Habemus Papam - Nanni Moretti


En revoyant Habemus Papam, je m'amusais soudain d'y trouver une manière inattendue d'embrasser (même si du bout des lèvres, et avec espièglerie) le film d'horreur (sans oublier que je n'y connais rien aux "genres"). Quelque chose au Vatican aurait à voir avec la maison hantée - un des dérèglements initiaux est une panne de courant, funeste et classique présage, plongeant une première fois le Vatican dans les ténèbres -, ou le film de fantôme(s) via ce spectre que devient le pape, que l'on tentera même d'incarner par jeux d'ombres et de rideaux. Et puis, peut-être, le film a comme un parcours de train fantôme plutôt joyeux, avec les pérégrinations de Piccoli-Melville qui se cherche dans la ville, Melville enfermé dehors, au dehors de lui, dépossédé… peut-être que c'est une dépossession… il faut l'inorciser !

Plus sérieusement, à l'annonce des résultats de son élection, les autres cardinaux convergent vers le nouveau pape, qui ne fait donc plus partie d'eux maintenant tant bien même il partage encore leur tenue, et c'est bien l'horreur de cette "exclusion"-là qui semble monter. Le motif revient un peu plus tard quand tous s'approchent à nouveau de lui (peut-être après qu'il se soit échappé) et me rappelle alors fortement des body snatchers encerclant quelqu'un, mais pour ainsi dire en pire, puisque les mêmes codes de mouvement conduisent ici l'individu cerné à réaliser que le body snatcher, c'est lui (les autres cardinaux n'ont pas changé, c'est son corps à lui qui est investi).
 
Je me souviens aussi comme le cri terrible de Melville, qui coupe court à sa présentation officielle, ne me saisit pas tant par un côté animal que par un côté "bébé qui naît", avec sa peur et/ou son désarroi propre... Je ressens encore l'effroi qui règne dans la scène de recul sur le balcon, avec les seuls rideaux flottants pour vrais témoins du massacre. Le recul ne serait pas différent face à un monstre surgi soudain et que l'on commencerait juste à reconnaître comme tel… Je repense même aux cauchemars du cardinal qui prend pourtant des tranquillisants diablement puissants, qui appelle sa mère en dormant, et c'est amusant, mais pas seulement.

 

 

 

Habemus Papam - Nanni Moretti (02) 



Voilà bien de petites élucubrations qui semblent peut-être tirées par les cheveux tant le film est lumineux, léger, drôle et plutôt chaleureux dans sa forme, et dans son ton. Mais cette joyeuse humeur à suivre l'œuvre, pour peu qu'on y adhère, n'empêche pas la peur d'être le principal moteur de la fiction ou des personnages. Il y a bien sûr celle qui tenaille les cardinaux (passée celle d'être élu) face à la situation, à son risque, à son inenvisageable issue, mais surtout, je crois : il y a celle de Melville, la peur de l'imposture (j'ai envie de dire " la belle imposture ").

[Et nunc habemus ***SPOILERS***]

C'est pourquoi je trouve que l'idée de situer en désir premier de Melville l'envie d'être comédien est belle : c'est peut-être sur cette condition-là (la condition d'être comédien) que la peur de l'imposture est la plus essentielle, consubstantielle. Là, je me dis aussi qu'il faudrait que je lise Le Paradoxe du comédien de Diderot, rêvant que c'est de cela dont il s'agit, je n'en sais rien. Je pense simplement à ce paradoxe apparent de cette peur de l'imposture du comédien qui passe (historiquement du moins car ce n'est plus nécessairement si vrai) par le propre de l'imposteur : mettre un masque. Cette "autre" imposture, celle de l'imposteur (celle du Meek de Kelly Reichardt), parcourt également le film. C'est pourquoi j'aime tant aussi la séquence télévisée à laquelle assistent Melville et la troupe de théâtre : celle de l'homme démasqué en ce qu'il prétendait avoir quelque chose à dire… et rien. Et c'est tout l'humour de cette scène de nous montrer l'embarras, et presque la solidarité du journaliste avec sa soudaine victime, nous rappelant alors combien la télévision n'est surtout, surtout, pas là pour démasquer ! Alors c'est sur les fils ténus et entremêlés des impostures que tout le film semble courir, en funambule incroyablement gracieux, et déjouant les cynismes, jusqu'à l'étourdissement que provoque la scène de la première révélation publique que Melville est le pape : cette scène dans un théâtre, ou le spectacle doit s'interrompre car il est bel et bien dans la salle, où il s'agit de faire cesser l'imposture de quelqu'un qui se prétend civil alors qu'il ne l'est plus, scène étonnante de douceur et de violence profonde du dévoilement ; ce n'aurait pas été rien déjà, pour MOIJE, si le film s'était arrêté là.

Mais s'il en est fini des impostures et des peurs, le film n'a encore rendu ni l'âme, ni les armes, et c'est un comble de l'intelligence de Moretti que d'avoir trouvé le chemin possible pour sa fin extra-ordinaire, portée par un Michel Piccoli extra-ordinaire, de l'accomplir sans le faire contre son personnage, sans l'exploiter bêtement. Il fallait que l'inouï soit rendu possible de son point de vue aussi, et sans lâcheté : et tandis que cet homme, à nouveau homme, aura suivi l'encouragement d'exposer (et publiquement) ses blessures à son Dieu, nous voilà encore émus pour lui et enfin sidérés par l'horreur révélée du pouvoir dans toute sa nudité, cette horreur dont plus personne ou presque ne semble vouloir nous entretenir. 

 

 

 

Michel Piccoli - Habemus Papam - Nanni Moretti (04)

 

 

 

PS : et voilà l'ami Eeguab, Morettiste s'il en est, qui publie également aujourd'hui son billet sur Habemus Papam. Je savais ce que représentait le 6 6 6, et m'interroge maintenant sur le 11 11 11 !

 

 


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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 03:08


Millenium Mambo - Hou Hsiao Hsien
 

Dans trois jours, Millenium Mambo fêtera les dix ans de sa sortie en salle en France. Puis, dans pas très longtemps, ce sera au tour de Mulholland Drive. Ce sont les deux films qui avaient le plus compté pour MOIJE, comme pour pas mal de gens, cette année-là. Le Lynch est plus régulièrement présent depuis dans les discussions, ce qui rend pour ainsi dire plus "choquant" de réaliser son âge. Il repasse plus régulièrement en salle aussi ; je l'ai donc revu depuis 2001. Ce n'est pas le cas du film d'Hou Hsiao-Hsien, et je me refuse à le revoir en DVD ou assimilé. Mais j'y pense souvent. J'écoute sa musique aussi parfois. Et je revois le tunnel. Et la beauté de Shu Qi. Et pas que.

En même temps que Mulholland Drive, le Ghosts of Mars de Carpenter était venu s'écraser, lui, et je l'aimais beaucoup, et je n'ai pas encore compris qu'il soit à ce point délaissé (mais il faut aussi que je le revoie). J'aimerais bien pouvoir découvrir son tout dernier d'ailleurs (toujours saisi par le fait qu'il n'ait rien tourné entre-temps), même si plein de gens qui l'ont croisé dans des festivals ont l'air gêné ou en colère : ce sera marrant d'y retrouver Amber Heard.

Bref, rien à dire de bien important, ce n'est qu'un billet d'anniversaire, et j'entame ma galerie 2001. Mais oui : bon anniversaire, Millenium Mambo, Mulholland Drive, vous vieillissez tellement splendidement !

 

 


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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 02:08


Jérémie Elkaïm & Valérie Donzelli - La Guerre est décl


Lors d'une scène de consultation auprès d'un chirurgien le couple apprend deux choses sur l'évolution de la maladie de son enfant tandis que, dehors, les proches attendent ce verdict qui leur parviendra en différé. Deux choses : une "positive", l'autre pas. "On ne garde que le positif" : le couple tombe immédiatement d'accord pour n'aller répercuter que la nouvelle encourageante. Rien à redire à cela en soi, mais mon inquiétude devant le film dans son ensemble est de douter de la place qui m'est (spectateur) réservée, de craindre que ce ne soit in extremis une place similaire à celle des proches dans cette scène. Et je me demande si c'est possible, je peine à comprendre quelle place plus "vraie" je pourrais prendre avec ce qui m'est délivré au fil du film.

Une semaine après avoir découvert La Guerre est déclarée, me reste l'affirmation d'une énergie (lestée par un volontarisme ponctuel) et d'un ton… J'aime bien Valérie Donzelli et son geste me paraît résister aux travers (nombreux, je pense) du film, mais la rencontre a déjà eu lieu avec La Reine des pommes, qui malgré sa pauvreté financière (et l'image assez dégueulasse qui en découle) me semble à la fois plus fragile et/mais plus juste, plus en adéquation dans son déroulé avec ses enjeux, quelque chose comme ça. Sans dire même qu'il serait meilleur que ce second film, plus ample, je l'aime plus simplement, plus évidemment, je le trouve plus "entier". Pour d'autres raisons, entre racines autobiographiques et résistance(s) au(x) malheur(s), je pense aussi (sans préférer nécessairement son film par ailleurs) au My Little Princess d'Eva Ionesco, plus "entier" aussi, c'est le mot qui me vient le mieux.

Alors, tout de même, je me sens entravé : le film n'aurait peut-être pas dû tant sacrifier l'enfant (presque un paradoxe) et son parcours pour grandir vraiment ; ça m'interroge ces gens qui se montrent au fond à leur meilleur (ce serait aussi une des difficultés d'appréhender le film que d'avoir à le démêler d'un parcours aussi "incontestable"), ce qui serait aussi une politesse, mais pas que (tant bien même l'écueil ne serait pas ici le narcissisme) ; est-ce que la vitalité c'est filmer des gens qui courent, une fête foraine, ou tendre trop régulièrement au clip ?... J'aime bien La Guerre est déclarée, mais je me sens divisé face à lui, je pers pied devant ce qui me semble être trop d'esquive*. Est-ce que je suis en train de demander à Valérie Donzelli de faire un autre film que celui qu'elle a voulu ? Est-ce que je dérape vers ça au lieu de regarder si ce duo accomplit sa volonté ou la trahit réellement un peu ? Sans qu'elle soit désagréable ni méchante, j'ai un peu (mais pas que) la sensation de me faire avoir.



* Autre exemple qui m'embarrasse : lorsque les parents apprennent la gravité de la situation et lâchent quelque chose comme "il nous faut le meilleur chirurgien" ; ce serait le reflexe formulé de bien des parents, mais le film passe sous silence comment eux, ils l'ont, ce chirugien désigné comme le meilleur (même depuis Marseille), quand beaucoup d'autres ne l'auront pas. C'est encore une esquive qui trahit le réel, sur un terrain-clé du parcours, et préserve au film à bon compte son souffle séduisant.
 



PS : pour lire plus tranché que MOIJE, il y a matière entre la réserve d'Erwan et l'enthousiasme d'Asketoner, ou celui sur critikat. Enfin, tout cela ne m'empêche pas de trouver Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm bien sympathiques, notamment via cet entretien aux Inrocks.

 

Edit du 19 février 2012 : j'aime aussi lire ces notes de Valérie Donzelli, en regard sur son vécu de 2011.

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 23:16



Jacques Rancière - Le Maître ignorant
 

Cela fait déjà un petit bail que j'essaie de lire Jacques Rancière, tout au moins ce qu'il a pu écrire en relation assez directe avec le cinéma. 

Oui, mais… le temps pris pour la lecture s'est surtout transformé en temps de lecture sur le web ces dernières années, et je peine encore à rééquilibrer (euphémisme).

Oui, mais… (essayer de) lire des essais, c'est tellement loin, déjà… Ou alors des "faux", des trucs dans la catégorie "essais" des hit-parades de bouquins, et ça peut le faire parfois - on dit comme ça -, mais ça peut se consommer aussi.

Alors… tu peux te prendre dans la gueule la capacité de concentration que tu as (provisoirement, tu espères) perdue. Devant un essai : tu peux pas faire comme si, sans t'en rendre compte, tu peux pas faire comme si tu étais toujours attentif alors que tu ne l'es plus, etc.

Il est donc temps de tordre le cou aux "oui, mais…" à la con. Puisque : un premier déclic s'est produit à la lecture du Spectateur émancipé, sans doute permis parce que je me sentais en accord avec ce que je comprenais, et parce qu'il est possible de commencer à le lire sans avoir appris grand-chose de grand-chose au préalable… Et me voilà, par exemple, bataillant avec Le Maître ignorant, afin de débroussailler davantage en vue d'un retour vers le Spectateur émancipé. Et puisque ça parle aussi de la paresse, c'est comme une chance : je préfère éviter de la laisser complètement passer. Alors, j'ai bien la trouille, mais bon ! Pas que : il y a quelque chose de joyeux.

 

 

 

PS : même dans Easy A, le prof de lettres encourage le personage d'Emma Stone avec un "Go eat the books, they don't eat back", alors…

 

 

PPS : me voilà rentré cette fois, au moins physiquement, avec choc thermique et retards divers à apaiser... et... vu l'autre film de Will Gluck au Portugal et trouvé ça bien naze :-)

 

 

 


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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 23:36


Control - Anton Corbijn

 
Etonnant d’apprendre via un bonus du DVD que le scénariste était surtout branché New Order, tant l’écriture ne confère ici aucune épaisseur aux membres du groupe encadrant le chanteur de Joy Division : des figures qui n’existeraient presque que relativement à leur fonction, en outre particulièrement minime, dans le récit (et dans son genre, la nouvelle petite amie n’est pas mal desservie non plus !).

Autre faiblesse remarquable, le flou total sur un contexte pourtant essentiel : quand ils parlent (bonus toujours) de Thatcher et de ce que la musique de Joy Division a pu représenter à l’époque, je me suis rendu compte que j’avais totalement déconnecté en regardant le film.

Pas de contexte, pas d’entourage, le tout d’une sagesse assez déconcertante (difficile de ne pas rester songeur alors quant à l’épouse de Ian Curtis, co-productrice du film) : si le comédien n’est pas en cause, loin de là, toute forme d’empathie envers l’idole elle-même me semble bien inaccessible. Qu’est-ce qui manquerait d’autre à l’écriture pour échapper à cette désagréable impression de « souffretage » adolescent ? Ce n’est sans doute pas le léger léché de la photo qui aide. En revanche, bien que n’étant pas un pur enfant du rock, un vrai plaisir me vient à la découverte des morceaux, en tout cas ceux en concert : beau travail du comédien là aussi (sans me poser donc la question d’une « fidélité » ou non).

A regarder le « making of » de Control et à entendre Anton Corbijn parler de son investissement émotionnel et de la charge émotionnelle du film, je me demande alors (sans oublier que ce qui déclenche l’émotion reste tellement personnel que le débat n’est jamais bien intéressant sur ce point) si la faiblesse de Control ne vient pas bêtement du fait qu’il a été écrit par une sorte de fan et réalisé par un mec qui a vraiment connu le groupe (ayant même déménagé pour ça, et faire des photos avec eux). MOIJE ne connais rien à Joy Division et ne parviens à rien projeter d’autre que ce que la matière du film me propose ; lui/eux doi(ven)t projeter beaucoup de choses, je n’en doute pas vraiment, mais le film me laisse orphelin.

Mieux vaut alors oublier Joy Division (ici) et le plus intéressant serait finalement le côté prequel de The American, la destinée d’un fantôme, notamment pour la toute fin du film (même minée en aval par son tout dernier plan, et en amont par le flash-forward lors de la séance d’hypnose, tous deux bien épais).

 

 


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