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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 09:30

 

 

 

Chéreau Patrice

 

 

 

 

 

Ceux qu m aiment prendront le train - Chéreau, Pérez

 

 

 

 

 

Pascal Greggory et Patrice Chéreau - Dans la solitude des

 

 

 

 

 

La Reine Margot - Patrice Chéreau

 

 

 

 

 

Patrice - Hervé Guibert

 

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 22:04

 

 

Alain Guiraudie - Stranger by the Lake

 

 

 

 

J'emprunte le raccourci de croire qu'à peu près tout ce qu'il y a à dire en faveur du dernier film d'Alain Guiraudie l'a été, par exemple , ou , les textes ne manquent pas, ils abondent, c'est cool. Comme je lui résiste un peu, je vais me contenter de tenter de parler de ce qui accroche et/ou m'interroge plutôt défavorablement, même si je trouve que c'est un très beau film, un peu inégal (en dépit de sa forte unité de construction), avec une fin remarquable, mais pas vraiment un grand film ou que sais-je. 

 

Je précise quand même que l'unanimité critique ne me pose pas nécessairement problème, je peux aimer ça. Surtout : je me souviens suffisamment comme ça repose nécessairement sur des malentendus (comme le succès) pour ne pas m'en méfier particulièrement. 

 

Je ne connais pas bien le travail d'Alain Guiraudie, mais les deux derniers films que j'ai vus de lui sont Du soleil pour les gueux et Le Roi de l'évasion. Il m'est difficile de formuler le basculement que je ressens de ces deux films-là (que j'apprécie par ailleurs différemment) à L'Inconnu du lac. Essayer de le faire me donne pour l'instant : être passé d'un désir de cinéma lié à la vie à un désir intellectuel lié au cinéma. C'est plus complexe que ça, j'en suis conscient, et je ne vise pas le procès d'intention, je crois Guiraudie sincère. Mais je regarde son film et je me dirais quelque chose comme : "oh-le-beau-film-clé-en-main-pour-la-critique", tout au moins la (vraie) critique dominante en France (que je ne conteste pas en elle-même, au contraire, même si je ne m'en sens pas toujours proche). Je trouve que le film a quelque chose de contrit en ce qu'il me semble trop souvent substituer, paradoxalement * et avec effectivement talent et "pertinence", la pensée d'un beau plan à sa création. Evidemment, c'est très ténu de parler de ce genre de trucs. Mais là, pour le coup : l'unanimité ne m'étonne pas. Là, elle me dérange, parce que : elle ne pourrait plus reposer sur le malentendu. L'exemple le plus net pour moi de ça, c'est le plan récurrent de la voiture qui vient se garer : ce "plan incontestable" m'emmerde, je le trouve au fond très "confortable". Je le trouve symptomatique de ce dont je n'arrive pas bien à parler. 

 

Certainement, on peut faire de très grands films comme ça - je crois moi aussi que ponctuellement le film de Guirdaudie le devient, grand -, mais ce que je trouve un peu triste, temporairement tout au moins, c'est que certaines qualités de ce réalisateur se seraient absentées. Des choses qui ont à voir de manière personnelle avec l'élan, la liberté de ton, une manière délestée mais vraie de respirer, de regarder, et que ça produise de l'imprévu, ne serait-ce que momentanément, un instant qui vibre, qui décille, qui pourrait faire voir un peu autrement. Bref, L'Inconnu du lac ne m'apparaît d'ailleurs pas comme l'aboutissement du travail du réalisateur, mais plutôt comme une autre direction,  ou une étape nécessaire, possiblement plus aboutie en elle-même que ce qu'il avait pu faire jusque là. 

 

Ce qui m'exciterait vraiment et que je pourrais voir comme un "aboutissement" et quelque chose de sacrément chouette, c'est que ce qui est à l'œuvre dans L'Inconnu du lac et sa part heureuse de maîtrise s’unisse avec ce qu'un film comme Le Roi de l'évasion pouvait avoir en propre - et de plus rare je crois - et qui aurait disparu ici, à force de savants dosages. Peut-être qu'à sa manière, il y a dans ce film quelque chose qui me renvoie à une inquiétude concernant le cinéma français non strictement soumis à l’industrie ou au divertissement : si les ravages de la censure économique restent les plus préoccupants, il y a un poids de certaines cinéphilies ou pensées critiques, aussi pertinentes soient-elles en elles-mêmes, sous lesquels des cinéastes viennent un peu s'écraser. 

 

 

 

 

 

* paradoxalement dans la mesure où Guiraudie se tente plus direct : être plus strictement (au risque de la réduction) et simplement en rapport avec sa propre homosexualité. Paradoxe peut-être uniquement de surface : le masque (aussi léger soit-il) est parfois ce qui laisse la plus grande liberté de mouvement, peut-être pas idéalement, mais dans une situation et à un instant donnés. C'est peut-être parce qu'il n'aurait jamais été aussi directement "personnel" qu'ici quant à ce qu'il raconte, qu'il le serait moins dans sa manière de filmer et dans le récit lui-même. Voire : son film s'embarrasserait de lettres de noblesse d'un certain classicisme, comme pour faire passer la pilule d'un environnement encore étranger au cinéma largement distribué. Et ce que Guiraudie me semblait avoir d'un peu vraiment subversif a, soudain, disparu, ou tout comme, suffisamment en tout cas pour que ça ne "dépasse" plus (j’y reviendrai peut-être).


 

 

 

PS : à propos des doublures corps dans les scènes de sexe.

 

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 12:20

 

Episode précédent : La Fille de mes rêves… ou Devenir une grande personne…


 


La Mort aux trousses - Alfred Hitchcock

 

 

 

 

Le Mariage de Maria Braun sort sur les écrans, mais je suis loin de (pouvoir) le savoir. Ce sera bientôt l’année de Stalker mais j’ai une tente d’indien, un bac à sable dans le jardin - j’ignore encore la chance que c’est d’avoir un jardin -, et des voisines avec qui je m’amuse bien, et, parfois : je suis emmené au cinéma. 

 

Voir de grandes personnes, d’un autre genre, un peu foufou, qui amuse. C’est rigolo. Je ris. J’adore. Ce n’est ni dangereux, ni attirant. Je vais de C’est pas moi c’est lui en Coup du parapluie, et le nom de Valérie Mairesse s’inscrit dans ma tête, ce qui m'offrira plus tard de troublantes retrouvailles avec Le Sacrifice... Bref, c’est vraiment Pierre Richard  que j’ai préféré alors, et je crois, tout bêtement, parce que le contemporain, c’était lui. Il restait Louis de Funès, aussi, et ça sentait la fin.

 

Mais ce n’est pas ce qui m’étreint : Romy Schneider, Alain Delon, et surtout des films américains avec Cary Grant, Grace Kelly, Ava Garner ou Clark Gable ; eux, ils ne me lâchent pas, même si je ne fais parfois que les apercevoir de loin, la nuit. J’écoute parler des sorties de La Mort en direct (le titre me fascine et me terrifie à la fois) ou de La Banquière et je pense confusément que tous ces gens-là, au cinéma, sont dans des films de grandes personnes. Comme si ce que je voyais à la télé, c’était la part émergée de l’iceberg. Je rêve du jour où je verrai ces films-là. Il y a ce film aussi qui s’appelle Elephant Man et dont j’aperçois des images sans être sûr de ce que je vois …

 

Et finalement, c’est assez simple, cette première croyance d’enfant, ce tout petit renversement des mots, qui me fera marcher sur la tête longtemps : croire que les grandes personnes, ce sont des personnes GRANDES ! Alors, forcément, avoir tellement hâte de rejoindre cet endroit-là. Qui ressemble certainement à ce que j’en vois, bigger than life, je ne me doute de rien, puisque j’ai un jardin, que tout le monde autour a plutôt l’air de s’en sortir… Puisque papa et maman ressemblent tout à fait à ces gens sur l’écran… Et elle aussi… Mademoiselle… 

 

Plus tard, quand des mamans disent « mon grand », c’est émouvant, là, ce petit mensonge, alors qu’elles savent... Et seulement là. 


 

 

Le Crime était presque parfait - Alfred Hitchcock

 

 

 

 

Heureusement, avant la chute : il y a Pif et Mickey, à croire que je n’avais déjà pas peur de me contredire. Trop sans doute, puisque c’est ainsi que je perdis ma bonne vue, à lire la nuit, ne dormant pas tôt déjà, avec ma lampe de poche, comme si mon lendemain dépendait de la suite des aventures d’Hercule et de Donald. 

 

J’étais encore bien loin de la littérature. Mais j’éclatais de rire et papa et maman, ou maman et papa, débarquaient dans la chambre, s’écriant comment c’était possible que je n’ai pas encore compris que je m’arrachais les yeux.

 

Et la lampe de poche, dans le petit tiroir de la table de nuit, attendant là en cas de coupure d’électricité, disparaissait pour quelques jours.

 

Et il fallait lire à la lune…Ou fermer les yeux… Et revoir… Cary Grant, Ava Garner, Grace Kelly, Clark Gable… et… et mademoiselle… ?…

 

J’ai pas sommeil. Déjà. Pas la nuit… Je me souvenais très bien de l’annonce de la mort de la mère de mon grand-père maternel. La première fois que quelque chose comme ça était arrivé, comme c’était triste de ne plus la voir. Les grandes personnes s'en vont. Et ça a à voir avec leur secret. Après, c'était Claude François, ce type qui chantait et dansait des trucs joyeux à la télé et c’était presque plus étrange encore, ça avait quelque chose d’incroyable. Et puis là, maintenant, c'était au tour Alfred Hitchcock. Quelqu'un en noir et blanc. Je croyais qu'il était déjà parti. Il avait l'air d'avoir un secret très grand, même si je ne le trouvais ni attirant, ni fascinant. Mais des histoires qu'il racontait, et des films où il y avait son nom, si. 


 

 

La Main au collet (photoshoot) - Alfred Hitchcock

 

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 14:24

 

 

La Dernière fois que j'ai vu Macao - João Pedro Rodrigues

 

 

 

 

Je ne savais rien du tout du film quand je suis, tardivement  - au regard du turn-over actuel - allé le voir. Je n'avais pas plus envie que ça, personne n'avait trop l'air d'en parler vraiment, je ne sais plus comment choisir ce que je vais aller voir, etc. "Heureusement" que juillet-août m'a semblé copieusement pourri en sorties : je ne pouvais plus oublier que le précédent film de João Pedro Rodrigues c'était pas rien - même si je m'en sens un peu loin, faudrait que je le revoie -, même si La Dernière fois que j'ai vu Macao dégageait un buzz sur le mode "mineur". Ben mince : je trouve que c'est le plus beau film des premiers deux tiers de 2013 avec le Guiraudie, voire le Claire Denis. Je l'ai échappé belle.

 

Presque étonné alors par le plaisir et l'intérêt denses - malgré des moments où je décrochais, mais je crois que je rêvais sans déplaisir - éprouvés à la découverte de cette exploration ludique de Macao, j'ai revu le film : pur moment de joie. En voilà un rare acte de foi dans le cinéma, c'est carrément pas tous les jours : je souscris sans réserve, et pour ainsi dire sans effort particulier (n'était la nécessité de s'arracher au confort relatif de choses ultra-formatées squattant tellement d'écrans).

 

C'te fête ! Les détracteurs ou semi-détracteurs reprochent au film un côté trop théorique, désincarné. Voilà qui devient sans doute particulièrement subjectif car je n'ai pas éprouvé cela du tout (contrairement au Guiraudie d'ailleurs). Nous ne voyons donc pas pareil ce que recèlent les images en elles-mêmes, sans parler de leur agencement, même si l'on n'est pas ici dans une forme de contemplation (le montage est serré, le film ne cesse de (re)bondir). Il est dans un rapport très fort à l'enfance : qu'est ce qui se passe devant mes yeux ? quelle histoire j'y puise, j'en invente ? qu'est-ce que j'en fais ? Dès lors, être dans une logique d'absence, de disparition, filmer quelque chose comme l'indicible pressentiment de la mort, peut devenir assez poignant. 

 

J'ai adoré découvrir Macao dans le regard de ces deux collègues. Je n'irai certainement jamais à Macao, mais quelque chose de cette ville m'est parvenu, de ses rapports bizarres au Portugal ou à la chine de Mao. J'ai vu les gens de cette ville tout en les rêvant, pas comme si je faisais semblant de les voir ou comme si je les scrutais : comme si je les avais vus pour de bon, d'une certaine manière bien sûr, mais pour de vrai. Et mince, mais qu'est-ce qu'ils sont beaux les plans ! Qu'est-ce que j'en ai marre des films contents d'être vilains (dans leur esthétisme de pacotille ou leur stricte réaction à ça précisément). 

 

Passionnant d'apprendre ensuite quelle a été la démarche de João et de João, la prise de liberté est drôlement réjouissante et audacieuse. On imagine bien le défi devant 150 heures de rush. Je trouve très beau d'avoir su préserver le terrain de jeu dans ses possibles les plus immédiats : le dialogue direct entre ce qui est montré, ce qui ne l'est pas, ce que l'on entend et ce qui est dit. Là, j'ai découvert aussi que tout un pan du film m'échappe (cinéphile, évidemment), ce qui ne me semble pas empêcher de vivre suffisamment l'expérience par ailleurs. Possible que ce soit cet aspect qui a (contre)produit un si faible soutien global de la critique professionnelle ? C'est en tout cas celui dont elle semble parler le plus volontiers ( ou ). 

 

 

 

 

PS : le film se joue encore et pas seulement à Paris (Espace Saint-Michel). 

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:43

 

 

 

 

Léopoldine Serre et Valérie Benguigui - La Famille Wolber

 

 

 

 

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 08:30

 

 

Quand "ma" belle Catherine marchait en bas de chez moi,


et que je ne le savais pas...


hey joe...

 


 

 

Catherine Deneuve - Joe Cocker

 

 

 

 

 

 

Vers Countdown # 11

 

 

 

(Billet rétro-publié le 13 juin 2014)

 

 

 


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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 12:03


 

L'Histoire de Richard O - Damien Odoul

 

 

 

 

Une éjaculation en gros plan. Une fellation en plan rapproché. Ces deux plans-là, la première fois que je vois L'Inconnu du lac, m'éjectent : les scènes auxquelles ils appartiennent s'effondrent. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que ça ne va pas. Je sais juste que ce n'est pas parce qu'elles sont "frontales", la frontalité n'est pas du tout un problème en soi pour MOIJE. 

 

Il se trouve que j'ai un rapport globalement bizarre au film : d'un côté je le trouve très beau, d'un autre je crois qu'il est globalement très loin de ma sensibilité, et enfin d'une manière disons souterraine j'éprouve une sorte d'envie de ne pas l'aimer (et pas pour la question de la sensibilité). Pourtant la première fois que je vois le film je sors plutôt content, parce que depuis janvier, je n'éprouve aucun enthousiasme franc du collier pour ce que je choisis de voir en salle et que je trouve nettement que ce film est "au-dessus" de ce que j'ai pu voir (et que la toute dernière scène, elle, m'enthousiasme). Mais j'essaierai sans doute d'y revenir : tout cela a fait que je suis retourné voir le film six ou sept semaines plus tard, et j'essaie pour l'instant de m'en tenir à mon unique point de préoccupation pour ce billet. 

 

Je revois le film. L'éjection se reproduit. Tant pis, je me dis que j'ai pas le temps, je sens pas ça bien, ne sais pas pourquoi, on va pas en mourir. Je fais mon premier jet de mes impressions sur le film, et puis je pars lire ce qu'on en raconte... Là, je m'étonne quand même que tout le monde trouve que les scènes de sexe sont très bien. J'éprouve pas mal de réserves là-dessus et du coup les deux plans me reviennent. Et enfin j'apprends (il était temps, j'ai l'impression d'être le seul qui ne le savait pas, et qui ne pense pas à y penser !) que les plans en question sont fait avec des doublures. Bon sang mais c'est bien sûr. 


 

 

Le Diable au coprs - Marco Bellochio 

 

 

Je me dis qu'il y a forcément des manières d'envisager le cinéma où ça n'est pas un problème. Je ne peux que sentir que ça n'est pas du tout la mienne. Je suis pas dans la tête de Guiraudie. Peut-être qu'il est très cohérent avec lui-même (même si ça me semble pas évident dans ses propos autour du film, j'y reviendrai). J'ai la bizarre impression que non. Je me trompe peut-être. Je saurai pas. Je laisse tomber. 

 

Mais : je les aime pas ces plans. Je crois aussi que je les trouverai ratés tels quels si c'étaient les acteurs eux-mêmes qui les avaient fait. Je ne suis pas sûr que mon rejet se situe uniquement sur la question de la doublure. Mais la doublure, dans cette situation-là, moi, je m'étrangle, ou... "j'rigole" comme dit Franck, quand on lui parle du silure de cinq mètres. 

 

Je trouve que la doublure corps pour question de nudité ou de sexualité : c'est pas possible. Je trouve que ça raconte des choses, ça raconte des choses sur ce qu'on prétend montrer par exemple, et ça raconte des choses sur le fait qu'on trouve possible que des gens fassent le travail de ces plans-là et pas des autres. Je vais pas aller beaucoup plus loin parce que je suis pas un intello. Mais ça m'intéresserait de savoir si des gens ont écrit des trucs un peu sérieux (et pas puritains) là-dessus. 


 

 

Baise moi - Virginie Despentes 

 

 

Ou bien : est-ce qu'il faut raisonner ici sur une sorte de régime d'exception ? J'étais en train de penser aux femmes de 40 ans et plus qui arrivent encore à avoir des rôles à Hollywood (pour aller là où la violence est la plus radicale). Là, c'est compliqué. Là, ce serait comme de la légitime défense (je parle pas des cas genre Portman ou Knightley, là, même si on pense que la doublure corps n'est pas un problème en soi, c'est de l'oppression). 

 

Et donc, de même qu'une vedette hollywoodienne qui voudrait continuer son travail et ne veut pas se résoudre au fait qu'elle a moins le droit qu'un mec de le faire après 40 piges, etc...  de même sans doute qu'il n'est pas possible aujourd'hui pour un acteur qui voudrait tourner autre chose ensuite de tourner une scène homosexuelle non simulée (déjà, simulée, la question de la nudité semble rester plus qu'épineuse pour un film qui entendrait ne pas rester confidentiel, ou avec un acteur connu, notamment en France et aux Etat-unis). 

 

Mais : là où ça continue à m'emmerder, c'est pourquoi un mec comme Guiraudie ne va pas chercher des gens qui seraient très bien aussi et qui ne cherchent pas à avoir une carrière d'acteur. Ou même : des acteurs "ouvertement" gays (du moins avant quarante ans) et, si je ne m'abuse - Rupert Everett notamment en a témoigné -, qui seront globalement cantonnés aux rôles de gays au cinoche. Y en a bien que ça aurait intéressé. Y en a bien qui doivent savoir jouer. Y en a bien qui auraient été contents d'avoir (pour une fois ?) un grand rôle dans un beau film, et j'en passe. Je trouve que : c'était comme la moindre des choses de trouver parmi eux ceux qui auraient convenu au fier Alain. 


 

 

O Fantasma - Joao Pedro Rodrigues

 

 

 

Mais bien du respect et de la reconnaissance à Mathieu Amalric, à Marushka Detmers, à Raphaëlla Anderson, à Karen Lancaume, à Ricardo Meneses, à Mark rylance, à Kerry Fox, par exemple, et aux équipes qui les ont accompagné(e)s, ou à Laura Elena Harring et Naomi Watts, je n'ai pas de position de principe contre la simulation physique, ça peut le faire, ça peut suffire. Et parfois non, mais dans ce cas : on fait quoi ? 

 



 

 

 

 

PS : billet sur L'Inconnu du lac, ici.

 

 

 

 

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 23:10

 

 

Vivre dans la peur - Akira Kurosawa

 

 

 

"Ben je crois qu'il y a un espace qui est fou, de toutes façons, c'est l'espace, effectivement, entre la vérité et puis le mensonge... ce moment-là où on entend quelque chose qui sonne vraiment faux - qui ne sonne pas juste - et si on a dans l'autre oreille l'idée de quelque chose qui est juste, entre les deux y a quelque chose qui vraiment rend fou, enfin je crois. 

Et c'est vrai que la littérature est quand même l'endroit où ça peut être juste, l'endroit où ça... enfin, où : si ça sonne pas juste c'en est pas... et ça fait des entrechoquements avec tout ce qu'on entend en permanence et qui est de l'ordre du discours, mais qui est pas de l'ordre de la langue propre, enfin, qui est vraiment quelque chose de toujours entendu, qui est du recopiage, quoi, permanent... et ça c'est vrai que quand les deux se confrontent dans une même tête, y a quelque chose qui est... ben... c'est insupportable, en tout cas, vraiment insupportable." *


 

***SPOILERS***


 

C'est par là que le chemin du vieux Kiichi Nakajima me touche ; ce pourrait être ce que le Dr Harada finit par accepter (depuis le début, ça le chiffonne), et alors un psychiatre lui formule clairement sa propre interrogation : "Est-ce lui qui est fou, ou nous de rester impassibles dans un monde de folie ?". Dans la tête de Kiichi Nakajima, il y a cet entrechoquement entre la vérité de la menace, et ce qu'il entend dans l'autre oreille, rabâchée, la langue recopiée (recopiée par les médiateurs qui le mettent sous tutelle ALORS QUE les médecins l'ont reconnus comme étant "normal", mais qui recopient la langue des héritiers, la langue d'un conformisme social matérialiste - le film enregistre fréquemment les signes du devenir marchand et affairé du Japon d'après-guerre). 

 

Ce qui me touche, c'est de voir Nakajima ne sombrer véritablement dans la peur, physiquement, qu'une fois qu'il est mis sous tutelle (j'aime beaucoup le fait de faire résonner cet échange sur l'effroi dans un tunnel). De même, le dernier pallier vers, à proprement parler, la folie ne semble se franchir qu'une fois qu'il a supplié en vain sa famille de l'écouter. En cela, je trouve le film poignant, avec ses assauts émotionnels tardifs et ponctuels (la protection panique du bébé le soir d'orage, et la scène de supplication donc). 

 

Au fond, le film d'Akira Kurosawa ne me semble pas interroger véritablement autre chose que le "sommes-nous fous de rester impassibles dans un monde de folie ?" et les deux dernières scènes cognent très fort à cet endroit, interpellent avec fureur et glace. Il me semble que la force du film est là, et pas tant dans la possibilité du portrait d'un homme de plus en plus rongé par la peur.  

 

J'ai lu que Chronique d'un être vivant serait le titre le plus fidèle à celui d'origine. Cela ne m'étonnerait pas. Dire Vivre dans la peur, d'une certaine manière, c'est déjà prendre le point de vue de la majorité des enfants du vieux Kiichi Nakajima, le point de vue des "héritiers". Le film me semble plus révolté que ça. Plus précisément, le chemin du Dr Harada, le médiateur, qui hante le film comme notre relai ou média, commence en voulant quitter ce Vivre dans la peur pour arriver, mais trop tard, à la Chronique d'un être vivant. Vivre dans la peur, c'est l'erreur judiciaire dont il parle, celle à laquelle il craint d'avoir contribué. 

 

Il serait déraisonnable le vieux Kiichi Nakajima, dans ce film qui s'ouvre sur les gens raisonnables et pressés, si être raisonnable c'est accepter l'inacceptable en s'efforçant de l'oublier. Il ne serait plus tout à fait "adulte" : des gens se moquent de lui (la séquence dans la cellule) ou le tourmentent (l'acharnement amusé d'un de ses fils). Tutelle, donc. Et c'est un beau parcours peu fréquent que le film propose à notre propre regard : il ne nous est pas très sympathique au début, ce personnage péniblement buté, intransigeant et hostile au "tribunal" avec sa ribambelle d'enfants illégitimes. Il faudrait tenter de faire sa connaissance quand il devient étranger à ses propres enfants (mais pas tous). Alors, son "je ne veux pas être tué" pourrait résonner de manière vraiment déchirante à l'oreille qui lui serait tendue. 

 

 

 

 

* Christine Angot, un entretien de 1999 (à 43 minute dans cette vidéo)

 

 

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 22:32

 

 

 

Bernadette Lafont (01)

 

 

 

 

Zig zig - László Szabó

 

 

 

 

Bernadette Lafont (02)

 

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:44

 

***SPOILERS***


 

 

 

Frances Ha - Noah Baumbach 

 

 

 

Je ne trouve pas facile de qualifier la force qui me touche dans le personnage de Frances : ni entêtement, ni détermination, ni obsession, et pas non plus figure de résistance ou de foi. Quelque chose de plus discret (peut-être avec l'écho mathématique, hors continuité - le montage en serait aussi l'expression), d'un peu plus roseau sauvage et de plus dansé, bien sûr. Persistance me semble possible. C'est ce que j'aime le plus dans le film, qu'il s'attache à ça, et qu'il aille jusqu'à l'épiphanie.

 

Ce qui est beau aussi dans cette persistance, cette intime conviction, c'est la nécessité d'assimiler pour de bon ce qui se propose, de ne jamais aller trop vite, d'où toujours de légers décalages (de quelques quart-d'heures pour l'idée d'aller à Paris - fausse proposition transformée en vraie, Frances est alchimiste -, de quelques semaines pour prendre le poste administratif dans la compagnie). Une forme d'intransigeance sans violence. 

 

Dommage que les moments de "révélation" ne soient pas vraiment inspirés (peut-être les dialogues les plus faibles du scénario), mais ils resteraient joliment situés. La confession de Frances vient en réponse au repas qui la précède : c'est une urgence qui sort tout à coup à un moment où cela manque. Une urgence intuitive, ni raisonnée, ni démonstrative, simplement : quelque chose en Frances s'extrait et se sauve. Elle dit qu'elle attend le moment d'un échange de regards simplement "avec" quand elle vient de baigner dans les échange de regards strictement "contre". 

 

Et l'avènement l'arrachera au commentaire inespéré de la chorégraphe tant respectée, et tout autant, elle s'arrache : elle s'extrait et se sauve. Le petit événement a lieu, qui voudrait qu'au coeur d'une soirée où le social s'ébroue (phénomène accentué ici par le fait que presque tous les protagonistes du film se retrouvent convoqués pour le finale), deux personnes se regardent et ce regard est un lien, un amour. C'est tout. C'était inatteignable. Et tout à coup, c'est là. 

 

Tout à coup, c'est là. C'est une naissance. Cela donne un nom. Comme le début d'un rire, comme une exclamation. 


 


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