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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 23:01

 

 

Faust - Aleksandr Sokurov

 

 

 

 

J'avais vu Faust une première fois début juillet, mal placé dans une salle étouffante - j'étais au moins heureux qu'elle soit pleine -, et c'étaient peut-être de bonnes conditions : est-ce que c'était la première vision ? est que c'était l'atmosphère de la salle ? qui avait à ce point fait prévaloir dans mon ressenti cette sensation grouillante et asphyxiante de chaos. J'étais crevé aussi, mais je ne pouvais pas lâcher le film, balloté d'un goulot d'étranglement à un autre, me laissant entretemps autrement couper le souffle - on dit comme ça - par la beauté de certains moments : les bains, Schygullah encerclant Faust et Wagner, un cortège funéraire glissant sur un flanc de colline, un double dialogue furetant une forêt, le visage suspendu et terrassant de Margarete, une aube de cauchemar, un abandon dans l'eau glacé, un geyser dégorgeant au rire fou, j'en oublie. Sorti groggy. 

 

Le film ne m'avait pas lâché ensuite. J'attendais de le revoir. La paresse ou la crainte me retenaient. J'ai laissé filer l'été. Mes congés d'octobre allaient me permettre de le revoir apaisé dans une belle salle clairsemée. 

 

Presque étonné comme ce qui prévaut maintenant est une sensation jouissive de fluidité virtuose, même sans perdre son caractère de chaos grouillant, mais je ne perds plus le fil (depuis le plan sur le sexe mort en ouverture jusqu'à la révélation éjaculatoire finale), et je chute sans discontinuer aux côtés du docteur Faust mais pas seulement : le grotesque et génial Méphisto proposé par Sokourov (hallucinant travail de l'interprète Anton Adasinsky) révèle à Faust qu'il lui manquerait ce que nous aurions tous de manière innée, la légèreté. Je crois que c'est cette légèreté qu'une seconde vision me permet de recouvrer, qui m'évite de m'embourber de-ci de-là ou de n'être qu'un peu stérilement fasciné. Je respire davantage et m'amuse bien plus (le film est souvent drôle, je l'avais presque oublié). 

 

De ce que j'ai pu voir, Faust est encore pour moi le très grand film de 2012 avec le Cosmopolis de Cronenberg, deux propositions assez peu aimables d'emblée (le Cronenberg ne m'a d'ailleurs vraiment conquis qu'à la revoyure, et, là aussi, dans une jouissance quasi inattendue), deux films-monde dont les organismes s'opposent presque (l'un est aussi incroyablement foisonnant que l'autre est sec), mais qui gardent en commun un travail extraordinaire sur le son, à mon avis très loin devant tous les autres films que j'ai pu voir (y compris Take Shelter ou Moonrise Kingdom qui me semblent plus simplement dans la maîtrise sur ce point, moins dans l'exploration et le souffle).

 

Enfin, s'ils n'y sont pas réductibles, l'un comme l'autre nous invitent à un cinéma absolument sensuel et intuitif, ce qui devient à mon avis, et malheureusement, l'exception. 

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:39

 

 

Tabou - Nagisa Oshima

 

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:01

 

 

Dominic West & Romola Garai - The Hour (BBC)

 

 

 

 

H A P P Y   N E W   Y E A R   ! !


 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 13:42


 

Fantastic Mr Fox - Wes Anderson

 

 

 

 

Revoir le film d'animation de Wes Anderson m'aura laissé un peu sur ma faim. Il passe toujours très vite, tant il y a un plaisir constant à donner des yeux et des oreilles un peu partout : le travail sur les décors et celui sur les voix restent particulièrement jouissifs. Bill Murray et Jason Schwartzman sont impeccables, George Clooney vraiment à tomber par terre : j'étais très surpris d'apprendre qu'il est inhabituel de mettre les comédiens dans les situations comme ici, tant il est évident que cela renforce considérablement le jeu. La mise en scène est inventive et chatouille tout du long... mais vers quoi...

 

Oui, tout va très vite dans Fantastic Mr Fox, et j'avais comme une ivresse joyeuse à la première vision. Mais ma capacité d'émerveillement, sans cesse réactivée par le soin et l'énergie apportée au film - ce qui n'est évidemment pas rien -, finit toujours par se casser les dents. Je ne vois rien qui m'arrête un peu, qui me trouble - même la séquence du loup me semble presque expédiée -, comme si rien n'avait le temps de faire chair. 

 

Tout en me semblant autrement plus abouti, le film me rappelle un peu mon expérience récente devant Looper, qui ne fait longtemps qu'accumuler signes et idées, comme un programme perpétuellement enrichi, mais où rien n'a le temps de vivre (c'est moins pire quand il commence à regarder la charmante Emily Blunt). 

 

Il y a quelque chose comme ça pour moi dans le film d'Anderson : j'attends joyeusement que ça commence... C'est une ligne très claire, en mon sens plus simplifiée que simple (voir les partitions auxquelles sont cantonnées l'épouse et la petite copine), qui m'appelle finalement plus à un émerveillement "bon enfant", tant bien même de très bon goût - et ô combien bien pensant -, qu'à un véritable rapport à l'enfance.  

 

C'était chouette pour Noël. Je lui reste attaché. Gentiment et sagement.


 

 

 

PS : une piste plus excitante chez Buster, même si je ne parviens pas à la suivre. 

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 14:30


 

John Cassavetes & Gena Rowlands - Gloria (Tournage)l

 

 

 

 

Peut-être que je deviens casanier et/ou paresseux sur la toile. Me voilà bien davantage maintenant dans les fidélités que les découvertes. Mais je tente de consacrer moins de temps au web aussi, ce qui explique peut-être cela...

 

Je voulais quand même, à mon tour, signaler, la naissance cette année de Zoom Arrière, proposition collective de blogueurs bien connus qui me sera particulièrement précieuse, moi qui n'ai guère de culture cinéphilique autre que strictement contemporaine. Voilà un point de rencontre bien pratique pour lire des textes sur les films d'hier. L'aventure commence en 1945, et a regagné à ce jour l'année 1949, me laissant rêver du moment où je découvrirai enfin Les Chaussons rouges, Allemagne année zéro ou par exemple Le Troisième homme. Tiens, il y a La Scandaleuse de Berlin en salle, ça tombe pas mal !

 

Aussi, je n'avais pas encore signalé la belle publication du n°1 de la revue Spectres du cinéma, avec la formidable interview de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval : une belle occasion pour la relire.

 

Enfin, pour les envies de cadeaux ciné - en décembre, quand même, on peut y penser -, la jeune boutique(/blog) www.mauvais-genres.com consacrée au cinéma de genre est bien croquignolette. MOIJE lorgne un peu sur le scénario original de Strange Days, mais il y a plein d'autres choses.

 

J'en profite pour une petite mise à jour de ma page consacrée aux sites autour du cinéma que je fréquente le plus (hors les blogs et forums qui restent ici). 

 

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 16:00


 

César doit mourir - Taviani

 

 

 

 

A part Edouard, il me semble qu'on ne prend pas assez César doit mourir pour ce qu'il est : un film de fiction. C'est peut-être la belle idée du film : faire un film de fiction avec ces hommes, faire un film de fiction avec des acteurs non professionnels n'est pas une révolution en soi, mais il demeure sans doute rare qu'on le propose à des détenus qui restent davantage approchés par des démarches avant tout documentaires. 

 

Seulement voilà : le film tente fort paresseusement de doubler la mise, son mélange des genres (qui pourrait être fructueux comme souvent aujourd'hui) tournant vite au plus stérile, tant la fiction est sur-balisée par les enjeux documentaires et le(s) message(s) que les frères Taviani entendent nous transmettre. Comment tolérer les faiblesses d'écriture censées lier la vie des prisonniers aux rôles qu'ils incarnent ? Comment accepter une scène comme celle des matons ne sifflant pas la fin de la promenade pour voir la suite de la scène ? Comment supporter la sentence finale - les médias en raffolent : "Depuis que j’ai découvert l’art, ma cellule est devenue une prison.» - telle qu'elle est tournée ? Le tour de passe-passe tient bêtement en ce qu'il y a "peut-être quelque chose de vrai là-dedans", via le dispositif initial. Mais non : tout est faux, et sonne comme tel, et je ne parle pas du jeu des comédiens mais bien de l'écriture elle-même. Tout est appuyé, démonstratif et tout sauf inspiré, dans les choix. 

 

Mais des idées possibles il y en a : le fait de commencer par le succès de la représentation, bien sûr.... Bien sûr ?... En fait, je crois que je m'en fous, que ça n'a aucune importance ce genre d'idée. Ce qui compte c'est ce qu'on en fait : que nous soyons plus fatigués des histoires qui nous auraient laissé la représentation à la fin (tant il y en a de sentimentalo-humanistes à bon compte), c'est évident, mais c'est bien tout. On doit pouvoir faire un très beau film se terminant par la représentation : tout ça n'a pas d'importance. En revanche, si on imagine simplement ce que donnerait le film des frères Taviani en supprimant l'artifice, pour le coup, qui place cette représentation en ouverture, on risque de constater crûment à quel point le film est anémique. 

 

Mais possiblement, ponctuellement, on peut s'amuser à voir ce qu'une prison peut offrir de potentiel cinégénique pour tourner du Shakespeare, ou ce qu'on veut. Beaucoup de gens aujourd'hui font du théâtre, de l'art vidéo, etc.,  dans des usines, hôpitaux, prisons, etc. ayant rendu l'âme. C'est graphique, efficace, presque imparable : les Taviani ne vont pas plus loin que ça, reposés seulement sur la charge du lieu d'autant plus forte qu'il est encore occupé. C'est peut-être bien vu par endroit, mais au strict sens d'une maîtrise de la mise en scène fière d'elle-même.

 

Fallait-il en plus que le choix se porte sur Jules César, et que les seules scènes retenues soient de l'ordre du complot, du meurtre, de la vengeance, mâtinés d'un horizon philo liberté/tyrannie ? Ç'aurait pu être une belle idée de faire un film de fiction avec ces hommes, comme ç'aurait pu être très bien de voir simplement des détenus répéter, s'emparer d'un texte, dans une démarche documentaire. Les voilà simplement privés de nous livrer leur travail (seul le résultat compte ici, partout, et alors il faudrait d'ailleurs ne le mesurer que comme tel, et non via la position paternaliste bienveillante à laquelle les réalisateurs entendent nous acculer), et tout autant d'un imaginaire un peu ample, un peu autre, un peu libre. Il ne s'agit ici que de traquer des échos tragiques facile à fantasmer sans même voir ce film bien bête et alors bien plus méchant qu'il n'aurait probablement voulu.   

 

 

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 22:59


 

Pascal Laugier & Jessica Biel - The Tall Man (tournage)

 

 

 

 

A relire ce que j'avais écrit sur Martyrs, je me rends compte que je pourrais pratiquement reprendre mot pour mot le premier paragraphe en l'appliquant à The Tall Man (sottement rebaptisé The Secret en France). Ce n'est pourtant pas la sensation que Pascal Laugier fait du surplace qui m'y amènerait, mais le même trouble, la même intranquillité, finit par me saisir. Et c'est ce qui me rend le film plus cher que je ne le trouve à proprement parler "réussi". 

 

Tout au moins, ce que confirme The Tall Man, c'est cette capacité qu'à Laugier de choisir et d'accompagner ses actrices. Il est, à mon avis, un des (trop) rares hommes au cinéma à (réellement) vouloir filmer des femmes, et à (singulièrement) pouvoir le faire. Peut-être que le plus beau trouble de ses deux derniers films vient de ce mélange de douleur assumée qu'il balance et de très grand amour (irréductible au sentimentalisme, à la soif d'icône, ou même au désir) qu'il exprime. 

 

Marrant comme ce qui me retardait de voir le film, c'était mon absence totale de curiosité envers Jessica Biel, qui est évidemment très bien : Pascal Laugier aime les actrices, pour de vrai, et ça (me) fait du bien. 

 

 

 

 

PS : belle présence de Jodelle Ferland aussi, certainement reprise de Silent Hill que je viens de découvrir (proposition qui me semble avoir terriblement mal vieilli, si tant est que...).

 

 

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:11

 

 

 

 

Madonna - Olympia - 26 07 2012 - Vogue (01)

 

 

 

 

 

MADONNA - OLYMPIA, 26 juillet 2012 - Vogue - MDNA TOUR

 

 

 


 

(Billet retro-publié le 30/11/2012)


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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 20:47

 

 

Connie Nielsen - Demonlover - Olivier Assayas

 

 

 

 

Et voilà dix ans qu'il est sorti, ce cher Demonlover d'Olivier Assayas, et je n'ai pas encore compris comment ce film avait été simplement possible. Pas sûr que ça me soit arrivé depuis : ce sentiment d'être face à un objet dont la simple existence me semble pour ainsi dire miraculeuse, en dehors de la beauté qu'on lui reconnaît ou non.

 

Toujours pas compris non plus pourquoi tant de gens le méprisent... Je n'arrive pas à le prendre comme une toquade, je reste bluffé. Trop ?... Il est vrai que sa découverte avait été un moment terriblement jouissif, et sans doute étais-je tombé particulièrement en amour avec Connie Nielsen (tristement perdue de vue depuis), et Gina Gershon, irrésistible une nouvelle fois... 

 

Grand temps de le revoir. 

 

 

 

 

PS : et j'ouvre alors ma galerie 2002, plutôt fantaisiste car beaucoup trop des films de cette année m'ont encore "échappé"...


(Billet rétro-publié le 27/11/2012)


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:01

 

Camille redouble - Noémie Lvosky 

 

 

Un peu de temps a passé depuis que j'ai vu Camille redouble, il m'éloigne du film. Je n'en étais pas fou. Je n'ai peut-être pas compris la part médiatique d'enthousiasme délirant entourant sa sortie, à part le régal du casting et de la direction d'acteur, et oui, j'ai bien ri, et ça m'a touché aussi (les cassettes, je résiste pas). 

 

Mais La Vie ne me fait pas peur me manque déjà beaucoup plus. C'est celui-là que j'ai envie de revoir en salle, celui-là où ça me ferait tripper qu'il y ait du monde... Dans celui-là, on dansait, dans celui-ci, on joue à danser : un risque a disparu. Mais peut-être que ce qui compte ici, précisément, c'est de "jouer à...", tout au moins pour les personnages (danser donc, ne pas avoir son âge, jurer de ne pas mourir, ...) et pour les acteurs. 

 

Pourtant, il y a cette inquiétude que je ressens, et que j'avais ressenti devant Starbuck (le rapprochement s'arrête là) : pourquoi prendre un sujet si délirant et ne jamais tenter une quelconque forme de délire... Je me dis : qu'est-ce que ça donnerait un remake français ou québécois de Groundhog Day ? Est-ce qu'on saurait ? Ou est-ce que vraiment, on ne se l'autoriserait pas totalement ? 

 

Je dis peut-être n'importe quoi. Ou je suis tenté de reprocher à Noémie Lvovsky de ne pas avoir fait un autre film au lieu de regarder le sien ? 

 

Disons que Camille redouble me laisse tranquille. Je crois qu'il aurait pu m'affoler - et dans le rire ! -, et que là, j'aurais été vraiment reconnaissant. 

 

 

 

 

PS : regards plus impliqués d'Asketoner et d'Erwan

 

(Billet rétro-publié le 04/11/2012)


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