analyses, critiques de films, notes sur des œuvres ou des artistes, et autoportrait en cinéma : petits dialogues et vie avec le septième art...
Episode précédent : Eté...
Comment s'appelait-elle ?... Karine ? Séverine ? Christelle ?... Un prénom à la mode alors, mais je ne le savais pas encore ; le mien aussi, et je l'ignorais tout autant. Je la vois presque… ses cheveux blonds… J'étais donc tombé amoureux, sans le savoir avec un mot dessus - puis plus même un prénom -, et pour la première fois : une fille aux cheveux blonds, ce qui n'ouvrira pas un monopole mais une tendance confirmée. On n'est jamais si inédit qu'on aimerait bien l'imaginer ?
C'était peut-être la faute de Grace Kelly.
Et comme ne se sentir jamais être un enfant, surtout quand on est amoureux, que l'on sait simplement ce que l'on n'est pas : une grande personne.
J'aime bien les dessins animés, mais quand je regarde les films, surtout à la télé alors, il me semble bien que je ne regarde que ceux avec les grandes personnes. Je ne regarde pas les gosses avec Lassie, ou Rintintin, ce genre de trucs, et ça ne m'attire pas du tout les histoires "familiales" : je regarde les films avec les grandes personnes, comme entre elles. Comme : entre nous !
Sophie ?... Surtout : je n'ose pas lui parler. Ou pas trop… Peut-être pour ça que son prénom semble m'échapper, tandis que je me rappelle très bien Alexandre. Et surtout François… Ou peut-être qu'il faut devenir une grande personne avant…

MOIJE me souviens bien d'une fête d'anniversaire de François, avec du monde et plein d'activités, et tout très bien organisé. François est en quelque sorte connu dans le village, dans le bourg - on dit comme ça -, puisque ses parents sont commerçants : ils vendent des fleurs, et plutôt pour les vivants.
Il faut dire que mon anniversaire tombe déjà l'été, et vers le cœur, juste au moment où l'on ne peut pas vraiment donner de fêtes pleines de jeux et de copains de l'école ou bien… mademoiselle…
Pourtant je me souviens très bien des prénoms de Magalie, comme de Grégory, ou d'Alexis… et bien sûr de Karine. Je sais qui est Karine. Donc Karine, ce n'est pas… elle… Isabelle ?...
Il y a l'institutrice que j'aime beaucoup. Puisque j'aime beaucoup les grandes personnes. Et puis, je suis dans "l'affectif". Partout, tout le temps, cela durera longtemps. Est-ce que c'est fini ? Juste comme il faut ? Je me souviens de son nom. Elle est morte, une dizaine d'années plus tard, d'un cancer... Cela m'aurait semblé inimaginable, comme pour les actrices, quand je l'écoutais, entre deux bavardages, derrière mon petit bureau : ces visages qui ne peuvent pas mourir...
J'étais toujours surpris qu'elle se souvienne de MOIJE. Les institutrices que j'ai "connues" étaient douées pour ça, aussi : créer de la durée... De l'attachement ?... C'est quelque chose que j'ai gardé. Les deux. J'étais encore au début de me perdre dans les comptes, dans les contes ; le cinéma ne serait pas toujours innocent dans la persistance d'égarements sentimentalistes... Je regrette quand même d'avoir oublié son prénom. Mais après tout, ou dans l'attente d'un souvenir plus entier : pourquoi pas "Grace" ?... puisque c'en était une !

A suivre...
PS : joyeux noël et heureuses fêtes de fin d'année à tous et toutes !